Un Tour des Flandres électrisé par un trio d'exception
Ce dimanche en Belgique, le Tour des Flandres promet un spectacle cycliste d'une intensité rare. Tadej Pogacar et Mathieu van der Poel, qui ont littéralement dominé les grandes classiques ces trois dernières années en remportant quinze des dix-sept derniers Monuments, seront une nouvelle fois les grands favoris. Cependant, l'annonce surprise de la participation de Remco Evenepoel vient rebattre les cartes de manière spectaculaire, ajoutant une dimension inédite à cette épreuve mythique.
La surprise Evenepoel met la Belgique en ébullition
L'annonce mercredi par le double champion olympique qu'il allait participer pour la première fois au Ronde a provoqué une onde de choc dans le monde du cyclisme. Même si la communication, faite de démentis vigoureux avant une officialisation sur les réseaux sociaux, n'a été que modérément appréciée en Belgique, l'excitation est à son comble. La présence d'Evenepoel décuple l'intérêt pour cette course déjà sacrée, point d'orgue de la "quinzaine sainte flandrienne", qui attirera dimanche plus d'un million de spectateurs au bord des routes entre Anvers et Audenarde.
La curiosité est immense de voir comment le double vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, excellent sur les courses d'un jour et champion olympique sur les pavés de Montmartre, se comportera sur un terrain à la fois inédit pour lui en course mais familier puisqu'il habite à proximité, à l'ouest de Bruxelles. Le leader de Red Bull Bora a démontré ses capacités en dominant Pogacar dans la bosse pavée de Kimihurura, aux faux-airs de Vieux Quaremont, lors du contre-la-montre des derniers Championnats du monde à Kigali.
Le duel historique Pogacar-Van der Poel
Même avec la participation d'Evenepoel, cette 110e édition du Tour des Flandres reste avant tout la promesse d'un nouveau chapitre dans le duel épique entre Pogacar et Van der Poel. Ces deux "Rapetou" des classiques, comme on les surnomme, n'ont laissé que des miettes à la concurrence depuis trois ans. Leur domination est vertigineuse : à eux deux, la fusée slovène et le dragster néerlandais ont raflé quinze des dix-sept derniers Monuments, dont les dix derniers consécutifs. Seuls Evenepoel à Liège en 2023 et Jasper Philipsen à Sanremo en 2024 ont pu leur échapper.
Leur rivalité est devenue le duel le plus excitant du cyclisme moderne, surpassant même l'affrontement entre Pogacar et Jonas Vingegaard sur les grands Tours. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si le balancier est en train de basculer définitivement en faveur du Slovène. Sa première victoire à Milan-Sanremo le 21 mars a ouvert une brèche, et s'il récidive dimanche, il ne resterait plus à Van der Poel que Paris-Roubaix comme ultime rempart.
Un enjeu historique pour Van der Poel
Pour Mathieu van der Poel, petit-fils de Raymond Poulidor, l'enjeu est historique. Il peut devenir dimanche le premier coureur de l'histoire à remporter un quatrième Tour des Flandres, dépassant ainsi les légendes Johan Museeuw, Tom Boonen et Fabian Cancellara. Cependant, le Néerlandais semble un peu moins souverain ce printemps, malgré ses victoires au Het Nieuwsblad et au Grand Prix E3, alors que Pogacar l'a dominé lors de leurs deux dernières confrontations sur le Ronde, en 2023 et 2025.
Le Slovène, quant à lui, pourrait s'emparer d'un troisième Tour des Flandres, ce qui rendrait l'Enfer du Nord encore plus passionnant. Pogacar se rapprocherait alors dangereusement d'un Grand Chelem jamais réalisé, même par le légendaire Eddy Merckx : remporter les cinq Monuments en une seule saison. Une perspective qui donne des frissons à tout l'univers du cyclisme.
La Belgique doublement armée
Pour la Belgique, la présence d'Evenepoel constitue un deuxième atout de poids aux côtés de Wout Van Aert, qui a retrouvé un niveau lui permettant de rêver à nouveau aux plus belles conquêtes, tant au Ronde qu'à Paris-Roubaix le 12 avril. Cette édition 2024 du Tour des Flandres s'annonce donc comme un moment historique, où les destins de trois géants du cyclisme pourraient basculer, où les records pourraient tomber, et où l'excitation atteindra des sommets rarement égalés dans l'histoire des classiques.



