Paul Seixas, le prodige français, s'offre l'étape reine du Tour du Pays basque
Paul Seixas démontre une fois de plus qu'il possède des nerfs d'acier, et ce dès l'âge de 19 ans. Le jeune talent du cyclisme français a brillamment remporté ce vendredi l'étape reine du Tour du Pays basque, à Eibar, en devançant au sprint son principal rival, l'Allemand Florian Lipowitz. Cette victoire, sa troisième de la semaine, laisse présager un sacre final samedi qui promet de faire grand bruit dans le monde du cyclisme.
Une étape éprouvante maîtrisée de main de maître
Au cours de cette étape longue de 176 kilomètres, ponctuée de huit cols dont trois de première catégorie, Seixas a couru avec la maturité d'un champion confirmé. Alors que Florian Lipowitz, troisième au classement général, lançait les hostilités dès le pied du redoutable col de Krabelin, à 70 kilomètres de l'arrivée, marquant le début d'une offensive majeure de l'équipe Bora avec Primoz Roglic, le Français est resté imperturbable. C'est lui qui a pris les commandes pour s'accrocher à la roue, puis pour rejoindre l'échappée matinale.
Dans cette manœuvre, Seixas a retrouvé son équipier Nicolas Prodhomme, qui s'est ensuite révélé un soutien précieux en menant un groupe d'une vingtaine de coureurs pendant près de 30 kilomètres dans la vallée. À l'abord de l'Izua, dernière difficulté majeure de la journée, Seixas a assuré seul le train comme un leader expérimenté, avant de contrer la nouvelle attaque de Lipowitz. Les deux hommes, incontestablement les plus forts de ce Tour du Pays basque, ont parcouru les derniers 30 kilomètres ensemble avant de se disputer la victoire dans les rues d'Eibar.
Une victoire sous la pluie et une domination au général
Plus rapide dans le final, le coureur de l'équipe Decathlon CMA CGM a une nouvelle fois levé les bras en vainqueur. « Je suis content de gagner, je voulais terminer le travail pour l'équipe, qui a été super forte toute la journée, a-t-il déclaré peu après à Eurosport. L'étape était vraiment dure, à certains moments j'étais un peu secoué, vraiment à fond. J'ai senti que les jambes revenaient sur la fin, tant mieux. »
Le Lyonnais continue d'impressionner par sa régularité et sa force. Après cette nouvelle démonstration, il occupe désormais une position dominante au classement général, avec un avantage confortable de 2 minutes 30 sur Lipowitz et de 3 minutes 40 sur Roglic. Ces écarts sont considérables, d'autant plus qu'ils concernent des coureurs de haut niveau comme le troisième du dernier Tour de France et un quadruple vainqueur de grand Tour.
Vers un sacre historique et des perspectives prometteuses
Il ne reste plus à Seixas qu'à négocier avec prudence la dernière étape, ces 135 kilomètres accidentés entre Goizper-Anzuola et Bergara, pour inscrire son nom au palmarès de cette course prestigieuse. Hormis la pluie annoncée sur le parcours, rien ne semble pouvoir l'arrêter. « Il va faudra être attentif, rester concentré tout le long, projette le porteur du maillot jaune. Rien n'est terminé, les autres coureurs sont très forts. » Mais tous sont conscients qu'ils ne sont pas à sa hauteur.
Samedi soir, barring accident, le cyclisme français célébrera son premier vainqueur d'une course à étapes en World Tour depuis 19 ans, depuis la victoire de Christophe Moreau sur le Dauphiné. Ensuite, il sera déjà temps de penser au prochain défi, comme la rencontre avec Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège à la fin du mois. Avec Paul Seixas, tout va très vite, et il faut désormais s'habituer à cette ascension fulgurante.



