Remco Evenepoel au Tour des Flandres : Le secret bien gardé de Red Bull-Bora Hansgrohe
Evenepoel au Tour des Flandres : Le secret dévoilé

Le secret le mieux gardé du cyclisme enfin révélé

Pour garder un secret, mieux vaut éviter de le confier à son meilleur ami. Mais si vous souhaitez qu'il reste vraiment caché, confiez-le à l'équipe Red Bull-Bora Hansgrohe. Pendant trois longs mois, le staff de la formation allemande a observé un silence absolu pour ne pas éventer la nouvelle la plus surprenante du cyclisme en 2026 : Remco Evenepoel disputera le Tour des Flandres ce dimanche pour la première fois de sa carrière.

Une annonce qui a fait sourire le peloton

Officialisée par le coureur belge en personne mercredi, l'information a provoqué quelques sourires dans le monde cycliste, au point que Wout Van Aert s'est demandé s'il ne s'agissait pas d'un poisson d'avril tardif. Mais il n'en est rien : Evenepoel sera bel et bien au départ à Anvers, avec l'ambition de figurer parmi les meilleurs à l'arrivée à Audenarde, au terme d'un parcours de 278 kilomètres parsemé de raidards, de pavés et imprégné de l'haleine houblonnée des supporters belges en quête d'un successeur à Philippe Gilbert, dernier vainqueur local en 2017.

Un défi colossal pour le champion belge

La tâche s'annonce particulièrement ardue pour l'ancien protégé de Patrick Lefévère, qui devra affronter des monstres sacrés comme Mathieu van der Poel, Tadej Pogacar ou justement Wout Van Aert. Pour se préparer à ce baptême du feu, Evenepoel s'est entraîné intensément depuis trois mois, avalant les célèbres monts flamands comme le Koppenberg, le Vieux-Quaremont et le Paterberg avec une détermination sans faille.

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Dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube, Sven Vanthourenhout, directeur sportif de Red Bull-Bora Hansgrohe, ne cache pas son enthousiasme : « Cette course lui convient parfaitement. Personne ne s'attendait à ce qu'il dispute une épreuve comme celle-ci, mais ce sont précisément les courses où il peut entrer dans l'histoire qui motivent Remco ».

Une préparation sur mesure

Le staff technique de l'équipe allemande a mis les petits plats dans les grands pour préparer son nouveau leader. Vanthourenhout a personnellement supervisé les reconnaissances du parcours au cœur de l'hiver, accompagné d'Alan Piper, directeur stratégique, et de Gianni Vermeersch, qui devait initialement être le leader incontesté sur les classiques flandriennes. Toute l'élite de l'équipe a été mobilisée pour permettre au champion du monde du contre-la-montre d'aborder son initiation dans les meilleures conditions possibles.

Trois mois suffiront-ils ?

La question qui taraude tous les observateurs reste cependant entière : trois mois de préparation spécifique seront-ils suffisants pour peser sur une course où l'expérience constitue souvent l'atout majeur ? Ramon Sinkeldam, champion des Pays-Bas en 2017 et ancien coureur de la Groupama-FDJ, tempère : « Aujourd'hui, les très bons coureurs prouvent qu'ils peuvent briller sur tous les terrains. Personne n'imaginait il y a dix ans qu'un coureur puisse gagner le Tour de France, le Ronde et frôler la victoire sur Paris-Roubaix. C'est une course qui correspond à son profil. C'est une bonne initiative qu'il tente l'aventure ».

Un nouvel antagoniste pour les favoris

David van der Poel, frère et agent de Mathieu, anticipe déjà l'impact de la participation du Belge : « Dès que Remco est présent dans une course, la dynamique change considérablement. Même sans expérience sur le Tour des Flandres, il faudra compter avec lui. Surtout dans les courses d'un jour où il a déjà démontré sa capacité à attaquer de très loin ».

Alexys Brunel, coureur français de Total Energies, partage cet avis sur la RTBF : « S'il y a du vent, les conditions lui seraient encore plus favorables. Quand on se retrouve dans la roue de Remco dans une bordure, l'expérience n'est jamais agréable. Cela ajouterait une rivalité supplémentaire face à Wout, Mathieu et Pogi. Un super-héros de plus sur la course ».

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Une stratégie multiple pour Red Bull-Bora Hansgrohe

L'équipe allemande, qui a investi des sommes considérables en 2025 pour attirer Evenepoel dans ses rangs, n'a cependant pas tout misé sur une échappée lointaine de son leader. Sven Vanthourenhout espère surtout voir le Belge parmi les meilleurs après les deux premiers passages sur le Vieux-Quaremont. « S'il peut le franchir en solitaire lors du dernier passage [à environ quinze kilomètres de l'arrivée], ce serait la cerise sur le gâteau », confie-t-il.

Ramon Sinkeldam soulève cependant une question tactique : « Sa participation pourrait perturber l'équilibre interne de sa propre équipe. Des coureurs spécialistes des classiques comme Vermeersch ou Pithie, qui devaient être leaders, pourraient devoir se sacrifier pour Remco. Pour le reste, je ne pense pas que cela change fondamentalement la stratégie de Tadej et Mathieu, qui feront leur course habituelle ».

Pogacar, l'homme à suivre

David van der Poel estime quant à lui que le Slovène Tadej Pogacar détiendra les cartes maîtresses. « Tadej va courir comme il le fait toujours, sans trop se préoccuper des autres. Il va durcir la course avec son équipe et tenter d'attaquer sur toutes les bosses pour fatiguer ses adversaires », prédit le frère du champion néerlandais. Reste à savoir si les trois mois d'entraînement intensif d'Evenepoel lui permettront de résister aux assauts répétés du favori slovène et d'écrire une première page de son histoire sur les routes flamandes.