Stade Rochelais Basket : plongée dans les chiffres avant l'ultime sprint
La saison régulière d'Élite 2 entre dans sa phase décisive. À partir du vendredi 6 mars, avec la réception des Dragons athlètes de Denain à 20 heures au gymnase Gaston-Neveur, le Stade Rochelais Basket entame une longue ligne droite sans pause jusqu'à la 38e et dernière journée, prévue mi-mai. L'objectif est clair : valider une qualification pour les play-in, une étape cruciale vers les phases finales.
Ce match inaugural contre Denain, qui possède la meilleure moyenne de rebonds offensifs de la division avec 14,8 par rencontre, offre un prétexte idéal pour analyser les performances statistiques de l'équipe rochelaise. Lucas Foncel, l'un des deux assistant-coaches aux côtés de Germain Castano et Michaël Bur, nous livre son décryptage détaillé.
FT/FGA% : une agressivité récompensée
Classement : 6e sur 20
« Être bien classé dans cette statistique est positif. Cela reflète une certaine agressivité et, même si ce n'est pas toujours le cas, ce sont des points relativement faciles à marquer. Pour nous, c'est d'autant plus important que nous affichons l'un des pires pourcentages à trois points de la division (16e avec 31,3%). Nous sommes cohérents dans notre sélection de tirs, car nous ne sommes pas non plus une équipe qui en tente énormément (16e également avec 24,1 tentatives par match).
À la mi-saison, nous avons analysé cela entre coaches et décidé de capitaliser pleinement sur la recherche de lancers-francs, sachant que nous étions déjà parmi les meilleures équipes en nombre de lancers tentés. Récemment, nos pourcentages aux lancers ont été frustrants ; nous pourrions être plus efficaces. Mais personne ne rate intentionnellement... »
Defensive Rating : une défense collective solide
Classement : 7e sur 20
« C'est satisfaisant, même si il y a un mois et demi, nous étions dans le top 5. Nous faisons partie des meilleures défenses, nous avons remporté des matchs serrés, notamment à domicile où nous avons concédé très peu de points. Je considère cela comme une performance, car les équipes devant nous, comme Orléans, Vichy ou Blois, possèdent des capacités athlétiques très supérieures.
Nous avons d'autres qualités, et grâce à notre organisation collective, nous parvenons parfois à compenser nos lacunes. Pour améliorer notre défense aujourd'hui, c'est notre attaque qui doit progresser. Lorsque nous sommes en difficulté offensive, nous offrons des rebonds longs à l'adversaire ou perdons des ballons, lui donnant ainsi l'opportunité de contre-attaquer rapidement. »
Pace : la bataille des possessions
Classement : 10e sur 20
« Le nombre de possessions est crucial dans le basket moderne. Tous les coaches émergents suivent ces chiffres. Plus tu as de possessions, plus tu as de tirs et plus tu as de chances de marquer. Nous devons progresser dans la traversée de la première partie de terrain ; nous ne créons pas suffisamment de situations d'avantage clair et devons être plus rapides.
Défensivement, nous devons avancer sur deux aspects : augmenter le nombre de ballons touchés pour générer des interceptions, et améliorer notre pourcentage de rebonds défensifs, que je vérifie à chaque fin de quart-temps. Progresser sur ce point nous permettrait de courir davantage et mieux, ou de réaliser des passes traversant la ligne médiane, une stratégie de plus en plus prisée en NBA. »
Ast/TO : le ratio passes/pertes de balles
Classement : 16e sur 20
« Ce ratio est difficile à évaluer. En tant qu'entraîneur, je suis pragmatique : plus tu passes la balle, plus tu risques de la perdre. En Euroligue, des équipes comme Monaco, qui jouent beaucoup en isolation, perdent peu de ballons car elles transmettent peu. Personnellement, j'accepte des pertes de balles si elles résultent d'un jeu de passes intense.
Plus on se passe la balle, plus on génère de l'énergie collective. Un joueur qui touche le ballon à chaque attaque reste impliqué et motivé défensivement. Et une bonne défense nourrit l'attaque. Nous devons progresser dans la transmission, mais nous avançons déjà. Il faut aussi comprendre qu'il y a des moments pour l'isolation, comme en fin de possession ou lorsque le collectif peine à s'exprimer ; c'est là que les individualités doivent briller. »
DRB% : les rebonds défensifs, un point faible
Classement : 18e sur 20
« Trois explications à cela. Premièrement, nous devons améliorer nos box-out et écrans de retard. Denain compte des arrières, comme Gaétan Meyniel, qui aiment se jeter dans le rebond offensif. Cela demandera un travail spécifique de Maxence Lemoine et Rob Ford III, qui les défendront souvent. Il faut être vigilant à chaque tir adverse.
Deuxièmement, notre roster n'est pas des plus athlétiques, ce qui exige des efforts de concentration supplémentaires, même si le retour de Babacar Mbye nous a aidés. Enfin, nous utilisons parfois une défense avec switch sur les écrans porteurs. Cette tactique nous a fragilisés lors de certains matchs, mais c'était un choix délibéré : nous acceptons une faiblesse ici pour être plus solides ailleurs. »
Source des chiffres : RealGM.



