UTMB : Julien Veysseyre, premier amputé à finir la course ?
UTMB : Julien Veysseyre, premier amputé à finir ?

Julien Veysseyre, 39 ans, s'apprête à tenter un exploit inédit : devenir le premier coureur amputé d'une jambe à terminer l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), sur la distance reine de 174 km avec 9.900 mètres de dénivelé positif. L'athlète clermontois, équipé de lames de course, s'élancera vendredi depuis Chamonix avec l'ambition de franchir la ligne d'arrivée dans les délais impartis.

Un défi né après un accident de travail

Victime d'un accident de chariot élévateur qui lui a « broyé la cheville » lors d'un job d'été dans un garage à 18 ans, Julien Veysseyre a dû subir l'amputation de sa jambe droite. Après six mois de rééducation pour remarcher avec une prothèse, il a d'abord repris la compétition de moto d'enduro, sa passion d'avant l'accident, qu'il pratiquait avec son père et son frère. Mais en 2018, il se tourne vers un nouveau défi : le para-triathlon.

« C'est comme si la course à pied me plaisait subitement. Le fait de retrouver des sensations perdues, ça m'a ramené à des souvenirs d'enfant », confie-t-il à 20 Minutes. Parallèlement à ses postes chez Michelin, d'opérateur de machine à chef de projet puis recruteur, il se hisse au sommet de sa discipline avec un titre de champion du monde de para cross-triathlon en 2023.

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Des performances remarquables malgré le handicap

Devenu athlète Salomon, Julien Veysseyre utilise des lames de course fabriquées par la start-up française Hopper, en partenariat avec Salomon et Airbus. Il se dit fier de finir la plupart de ses courses « dans le premier quart du classement général », malgré une consommation énergétique de 30 à 70 % plus élevée que celle d'un traileur valide, selon les études.

Ses résultats parlent pour lui : 404e sur 1.092 finishers à la MCC (40 km, 2.350 m de D+) en 2024, puis 877e sur 1.641 finishers à la CCC (101 km, 6.050 m de D+) en 2025. Pour l'UTMB, il s'est entraîné une trentaine d'heures par semaine cet été, et vit à 100 % du trail depuis six mois.

Un défi physique et mental avec le soutien de ses proches

Sur les 174 km, Julien Veysseyre devra respecter la même barrière horaire que les 2.500 valides présents, soit 46h45. Il pourra compter sur cinq accompagnateurs qui se relaieront pour porter l'une de ses deux lames de course. « On peut parfois être dans un état physique déplorable mais ça reste un trail : on joue avec les limites physiques et mentales, résume-t-il. On ne prend pas des risques démesurés, je sais que je ne vais pas mettre ma vie en danger. »

Ses deux enfants, Léo (8 ans) et Swann (qui fêtera ses 5 ans le jour du départ), seront à ses côtés. « Mentalement, c'est très important pour moi de les avoir à mes côtés sur cet UTMB, apprécie-t-il. Et puis ça m'intéresse de les inspirer, afin qu'ils vivent des émotions tout le week-end. J'aimerais leur donner envie de se dépasser, eux aussi. »

Un film consacré à son parcours, réalisé par Salomon, sera diffusé l'hiver prochain. Julien Veysseyre vise une arrivée « idéalement en 40 heures », après deux nuits en montagne.

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