Yann Schrub, une médaille mondiale pour couronner un hiver exceptionnel
Après avoir établi un record de France et un record d'Europe cet hiver, le Français Yann Schrub a confirmé sa forme olympique en décrochant le bronze sur 3 000 mètres lors des championnats du monde d'athlétisme en salle à Torun, en Pologne. Le Mosellan de 30 ans, qui n'avait initialement pas prévu de participer à cette compétition, a livré une performance remarquable face aux meilleurs spécialistes mondiaux.
Une course intense pour une médaille inespérée
Yann Schrub a terminé troisième des Mondiaux en salle en 7 minutes 35 secondes 71, devancé de justesse par le Britannique Josh Kerr (7:35.56) et l'Américain Cole Hocker (7:35.70). Cette médaille vient couronner une saison hivernale déjà exceptionnelle où l'athlète s'est illustré sur cross (11e aux Mondiaux en janvier), sur piste (record de France du 3 000 m en février en 7:29.32) et sur route (record d'Europe du 10 km en 26:43).
« Il y a vingt jours je ne voulais même pas venir », a confié Schrub après la course, le drapeau français sur les épaules. « J'étais vraiment concentré sur ma saison de route mais après le record d'Europe du 10 km, j'ai réfléchi et même s'il y avait tous les meilleurs à Torun sur 3 000 m, je voulais quand même tenter ma chance, me confronter à eux en tant que coureur de 10 bornes. »
Une polyvalence récompensée
L'athlète, également médecin du sport, vit ce qu'il qualifie de « saison quasiment de rêve » avec trois performances majeures : un record de France, un record d'Europe et désormais une médaille mondiale. Touche-à-tout du 1 500 m jusqu'au 10 km, le champion d'Europe de cross (2023) et vice-champion d'Europe du 10 000 m (2024) exprime sa fierté face à cette polyvalence qui lui apporte une première médaille mondiale.
« Je suis à un centième aujourd'hui de la médaille d'argent et pas si loin de l'or, sur une discipline qui n'est pas la mienne », souligne-t-il avec réalisme. « Entre les 26 minutes et 43 secondes d'effort sur 10 km et un effort de cinq minutes ici, c'est pas du tout la même chose ! »
Une progression physique et mentale
La progression physique de Yann Schrub lui a permis de franchir un cap mental important. « Aujourd'hui, je ne stresse plus de souffrir dans une course. Je sais que je peux aller jusqu'au bout », avait-il indiqué avant le début du championnat, faisant référence à son abandon sur le 10 000 m des Jeux olympiques de Paris en 2024 qui l'avait longtemps tourmenté.
Son approche ludique de la compétition transparaît dans ses déclarations : « C'est aussi en forme de défi, c'est un jeu, je ne savais pas ce que je valais et c'est ça aussi qui est amusant, de se dire qu'on s'en fout des autres, que je me donne à fond et qu'on voit ce que ça donne. »
Un objectif ambitieux pour clore la saison
Après cet hiver déjà grandiose, le Mosellan n'en a pas fini avec sa saison. Il lui reste la course qu'il avait cochée dès le début : les 5 km de Lille le 4 avril. « À moi d'aller chercher encore quelque chose de fort », a-t-il annoncé avec détermination.
Mais son ambition va encore plus loin : « Je ne me cache plus. Après un record de France, un record d'Europe, et une médaille mondiale, il ne manque plus qu'un record du monde. » Schrub compte donc s'attaquer au chrono de 12 minutes 49 secondes de l'Éthiopien Berihu Aregawi, record du monde établi en 2021.
« Ça passe ou ça ne passe pas, on verra », conclut-il philosophiquement. « Mais je veux vraiment arriver en cette fin de saison en me disant que j'ai vraiment kiffé, que j'ai profité et surtout que je n'ai eu aucun regret. »



