Le running, un phénomène de société qui bat tous les records en France
Alors que le marathon de Paris s'apprête à prendre le départ ce 12 avril, la Fédération française d'athlétisme (FFA) dévoile des chiffres exceptionnels pour l'année 2025. "2025 a été la saison de tous les records", annonce l'organisation, avec près de 4 millions de "finishers" (coureurs ayant terminé leur course) et une pratique qui se démocratise largement.
Une explosion du nombre de participants et d'événements
Selon le baromètre annuel publié par la FFA en partenariat avec l'Union Sport & Cycle, 4,12 millions de résultats ont été enregistrés en 2025 sur route, trail et cross. Ce chiffre représente une augmentation colossale de 40 % par rapport à 2024, où 2,95 millions de résultats avaient été comptabilisés.
Emmanuelle Jaeger, présidente déléguée au sein de la FFA, souligne l'ampleur du phénomène : "C'est un record absolu de résultats, avec une augmentation qui est assez colossale". Le nombre de courses organisées sur le territoire français a également connu une hausse significative, avec 13 320 événements recensés, dont 5 900 trails et 4 905 courses sur route.
Un rajeunissement marqué du peloton
L'une des tendances les plus frappantes de cette étude concerne le profil des pratiquants. En 2025, 41 % des finishers avaient moins de 35 ans, contre seulement 30 % en 2015. Ce rajeunissement du peloton s'accompagne paradoxalement d'une accélération des chronomètres moyens, alors que la quête de performance n'est pas la motivation première des participants.
Virgile Caillet, de l'Union Sport & Cycle, analyse cette évolution : "Le rajeunissement du peloton incite à aller vers la performance : il est courant désormais de voir des gens de 20 ans s'aligner sur des courses sur route. Et quand on a 20 ans, on progresse". Selon lui, les outils connectés qui encouragent la comparaison et les chaussures nouvelle génération qui réduisent les blessures contribuent également à cette dynamique.
Une féminisation croissante de la pratique
Le running attire de plus en plus de femmes, avec une proportion qui est passée de 28 % à 37 % des finishers en l'espace de dix ans. Ces nouvelles pratiquantes optent davantage pour les distances courtes comme le 5 km, où elles représentent plus de la moitié des résultats enregistrés.
Emmanuelle Jaeger explique cette tendance : "La charge mentale du foyer est encore beaucoup portée par les femmes", ce qui rend moins compatible la préparation chronophage d'un marathon. Malgré cela, la participation féminine augmente sur toutes les distances, avec un record attendu au marathon de Paris où les femmes représenteront un tiers du peloton.
Une compétition devenue expérience sociale
Virgile Caillet insiste sur le changement de paradigme observé : "On a toujours eu des gens qui faisaient des footings mais désormais, ils s'inscrivent à des compétitions. Avant, la compétition avait une image beaucoup plus élitiste et il y a eu un vrai changement sociétal. Elle est devenue une expérience à part entière, avec des animations".
Les organisateurs ont su s'adapter à cet engouement massif, notamment sur route avec le développement de systèmes de vagues et de départs échelonnés. En trail, où la préservation des espaces naturels limite les capacités d'accueil, la multiplication des courses au sein d'un même événement permet de répondre à la demande croissante.
Alors que le marathon de Paris s'apprête à battre de nouveaux records de participation, ces chiffres confirment que le running s'est imposé comme un véritable phénomène de société en France, touchant un public toujours plus large, jeune et féminisé.



