Le double champion du monde slovène et le jeune prodige français se retrouvent ce dimanche en Belgique pour une cinquième confrontation directe marquée par la progression constante du coureur de 19 ans. Tadej Pogacar et Paul Seixas ont rendez-vous ce dimanche en Belgique. Le Slovène et le jeune Français seront ensemble au départ d’une course d’un jour pour la cinquième fois, à Liège-Bastogne-Liège. Une affiche alléchante entre le double champion du monde et le prodige de 19 ans, qui impressionne depuis le début de la saison. Retour sur les quatre premiers duels, tous dominés jusqu’ici par le Slovène. Mais le Français se rapproche. La manière avec laquelle le Français a aplati la concurrence rend encore plus croustillant le grand rendez-vous de dimanche, dernier chapitre de la saison des classiques, où Pogacar visera un 13e Monument.
Premier duel : Championnats du monde à Kigali (28 septembre 2025)
À ce stade, on ne peut pas encore parler de duel. Au départ de la course, la discussion porte surtout sur l’affront qu’avait infligé Remco Evenepoel à Pogacar lors du contre-la-montre une semaine plus tôt. Le retour du bâton est sévère pour le Belge qui finit deuxième à 1 min 28 sec du Slovène. Celui-ci attaque dans le Mont Kigali à 104 km de l’arrivée pour aller chercher en solitaire son deuxième titre mondial. Seuls Juan Ayuso et Isaac del Toro arrivent à le suivre un temps. Paul Seixas navigue plus loin dans un groupe de poursuivants pour terminer finalement 13e et premier Français, à plus de neuf minutes. Un exploit en soi à son jeune âge sur un parcours exceptionnellement difficile de 267 km que seuls 30 coureurs ont terminé. « À la fin, j’étais dans un état incomparable à ce que j’ai ressenti dans ma vie et je pense que c’était pareil pour tous les autres coureurs, excepté peut-être Pogi. Je pense que ça va me faire passer un cap », dit-il à l’arrivée.
Deuxième duel : Championnats d’Europe en Drôme/Ardèche (5 octobre 2025)
Seulement une semaine plus tard, Pogacar remet ça en s’imposant en solo devant Evenepoel, relégué à 31 secondes. Lorsque Pogacar s’envole à plus de 70 km du but, l’intérêt de la course se déporte rapidement sur ce qui se passe derrière où un Seixas survolté revient sur Evenepoel avec Juan Ayuso et Christian Scaroni. Le sélectionneur Thomas Voeckler lui donne pour consigne de ne pas rouler, Evenepoel s’énerve et part seul en contre-attaque. Dans la dernière ascension du Val d’Enfer, Seixas fait le spectacle pour décrocher Ayuso puis Scaroni et aller chercher la médaille de bronze, à 3 min 41 sec de Pogacar. « Je n’ai jamais ressenti quelque chose comme ça, avec le public, ma famille, ma copine qui étaient là. »
Troisième duel : Tour de Lombardie (10 octobre 2025)
Là encore, Pogacar est intouchable sur sa course fétiche où il signe sa cinquième victoire en cinq participations après un nouveau raid solitaire de plus de 30 km. Et pour la troisième fois en trois courses c’est Evenepoel qui termine deuxième, à 1 min 48 sec du Slovène. Pour Seixas, c’est le premier Monument de sa carrière et, s’il ne fait toujours pas le match avec Pogacar, il impressionne encore en terminant 7e à Bergame, dans le même temps que Del Toro, Tom Pidcock et Egan Bernal. Signe de ses ambitions et d’une confiance qui s’installe, il se dit « un peu déçu » d’avoir « pété tout seul » dans la dernière ascension, le Passo di Ganda, après avoir dû fournir un gros effort pour corriger une erreur de placement au pied. Avant de convenir que, quand même, ce premier Top 10 sur un Monument est « déjà très bien ».
Quatrième duel : Strade Bianche (7 mars 2026)
Pour la première fois, Pogacar et Seixas se retrouvent engagés dans un affrontement frontal, homme contre homme, lorsque le double champion du monde accélère comme d’habitude dans le secteur de Monte Sante Marie, à environ 80 km du but. Cette fois, Seixas suit, et il est le seul. Mais Pogacar en remet une couche pour le décrocher de sa roue un kilomètre plus loin et aller cueillir sa quatrième victoire sur les chemins blancs. Derrière, Seixas, repris par un groupe de poursuivants, repart à l’attaque et emmène sur son porte-bagages Del Toro, le coéquipier de Pogacar, qu’il lâche dans la montée finale de la Via Santa Catarina pour prendre la deuxième place à Sienne, à une minute pile de Pogacar. Celui-ci ne ménage pas ses louanges : « Il répond présent face aux attentes. Ce gamin va devenir un monstre sur le vélo, on va entendre parler de lui dans le futur. »



