Mondiaux d'athlétisme en salle : la France vise 2 à 5 médailles avec une délégation record
Mondiaux en salle : la France vise 2 à 5 médailles avec 24 athlètes

La France déploie une délégation historique pour les Mondiaux d'athlétisme en salle

Vingt-quatre athlètes tricolores ont été retenus pour les Championnats du monde en salle de Torun en Pologne, du 20 au 22 mars. Cette sélection constitue la délégation française la plus fournie pour des Mondiaux en salle depuis l'édition parisienne de 1997, marquant un engagement ambitieux de la part des instances dirigeantes.

Des objectifs clairement affichés par le management

Jean Galfione, manager du programme olympique français, n'a pas mâché ses mots en annonçant la sélection. « On peut légitimement espérer entre deux et cinq médailles », a-t-il déclaré avec conviction. Il a ajouté une exigence supplémentaire : « Tous les athlètes sélectionnés possèdent le potentiel pour terminer dans les douze premiers. Nous n'accepterons pas que l'objectif minimum d'un athlète soit inférieur à cela. »

Cette ambition se place dans la continuité des performances de 2025, où l'équipe de France avait remporté un titre et une médaille d'argent. La sélection a cependant dû composer avec plusieurs absences notables sur blessure, comme Auriana Lazraq Khlass (heptathlon), Hilary Kpatcha (saut en longueur) et Sarah Madeleine (demi-fond), tandis que Samuel Vessat (400 m) préfère se préserver en vue de la saison estivale.

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Les grands favoris français pour le podium

Parmi les têtes d'affiche, les médaillés de l'édition 2025 à Nanki occupent naturellement le devant de la scène. La Bordelaise Marie-Julie Bonnin, championne du monde en titre à la perche, arrive à Torun avec un nouveau record personnel à 4,76 mètres et un mental d'acier. L'an passé, elle avait déjà battu son record (4,75 m) en surmontant une longue interruption du concours mieux que ses concurrentes.

La concurrence sera néanmoins féroce. Deux autres athlètes féminines ont atteint les 4,76 m cette saison (Ayris et Svabokova), et trois ont fait mieux en 2026 : Hana Moll (4,88 m), Tina Sutej (4,80 m, deuxième en 2025) et la Russe Knoroz (4,80 m), cette dernière étant absente en raison de l'exclusion des athlètes russes et biélorusses par World Athletics.

Chez les hommes à la perche, Baptiste Thiéry et Thibaut Collet devront probablement battre leurs records respectifs (5,91 m et 5,95 m) pour viser le podium, face à un plateau comptant de nombreux sauteurs capables de franchir la barre des six mètres.

Des chances multiples dans les épreuves de sprint et de saut

Sur le 60 mètres haies, en l'absence de Just Kwaou-Mathey, Wilhem Belocian endosse le rôle de chef de file des Bleus. Son chrono de 7''45 réalisé aux championnats de France à Aubière représente le cinquième temps mondial de l'année 2026 et le quatrième parmi les engagés à Torun. Il vise clairement une nouvelle médaille après son argent de 2025.

Du côté féminin, Laëticia Bapté effectue un retour remarqué. Après un hiver 2025 gâché par une blessure qui l'avait privée des Mondiaux, elle revient en pleine forme, affichant le quatrième meilleur temps mondial de l'année (ex-aequo).

Le triple saut : un espoir double pour la France

L'épreuve du triple saut présente deux sérieux prétendants au podium. Melvin Raffin a lancé sa saison de manière tonitruante avec un saut à 16,96 m fin janvier, bien qu'il n'ait pas été validé par World Athletics. Après un concours décevant à Aubière (16,45 m), il a répondu une semaine plus tard avec un bond à 16,89 m, à un centimètre seulement des minima, démontrant qu'il possède bel et bien les 17 mètres dans les jambes.

L'autre chance française, Jonathan Seremes (licencié au Stade Bordelais), a réalisé une performance impressionnante le 14 mars avec 17,25 m, soit la troisième meilleure marque mondiale de l'année. Cette dualité offre à l'équipe de France des perspectives très encourageantes.

Les espoirs sur les épreuves de fond

Sur 3 000 mètres, Yann Schrub a finalement obtenu une dérogation pour participer, en raison de sa deuxième place au classement mondial en salle sur cette distance. Sa présence renforce considérablement les chances françaises.

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Au 1 500 mètres féminin, Agathe Guillemot, championne d'Europe en salle 2025, se présente avec le quatrième chrono mondial de l'année (4'00''64), établi justement à Torun le 22 février. Elle n'est qu'à 1''29 de la meilleure performeuse mondiale, l'Américaine Elle Saint-Pierre, et vise à améliorer sa septième place des Mondiaux 2024 de Glasgow.

Les compétitions débuteront vendredi avec le triple saut masculin à 19h35, se poursuivant tout le week-end avec les séries et finales des différentes épreuves. La délégation française, portée par des objectifs ambitieux et un effectif étoffé, espère bien faire vibrer les couleurs tricolores dans l'enceinte polonaise de Torun.