La Valbonnaise Fiona Ferro a enfin vu le bout du tunnel. Dimanche, sur la terre battue portugaise de Oeiras (WTA 125), elle a soulevé son premier trophée depuis un succès à Biarritz (W60) en 2023. Une renaissance pour l’ex-39ᵉ mondiale, qui a su traverser des mois de blessures et de doutes.
Un parcours semé d’embûches
Il y a quelques mois encore, parier sur un retour de Fiona Ferro sur un court professionnel semblait risqué. Aujourd’hui, l’Azuréenne donne un nouvel élan à sa carrière. « En tant que parents, on connaît tout ce qui se passe de l’intérieur, avec des hauts et des bas. On est tous contents par rapport aux galères qu’elle a su traverser », se réjouit son père, Fabrizio Ferro. L’année 2025 fut une véritable descente aux enfers physique, la reléguant à la 417e place mondiale. Celle qui a découvert le tennis à Valbonne à sept ans a été contrainte de couper brutalement avec sa passion. En juillet, face à des diagnostics contradictoires pour son poignet, elle opte pour une opération sans garantie de succès. « Sincèrement, on ne savait pas si elle devait ranger les raquettes pour toujours », confie son père.
Une rééducation mise à profit
Six mois de rééducation s’ensuivent, qu’elle met à profit pour passer son diplôme d’entraîneur et aider aux hôtels et au restaurant familial « Trattoria Quattro » à Valbonne. En décembre, elle reprend à Angers grâce à son classement protégé, mais sans coach, incapable de garantir que son corps tiendra. Elle voyage seule pour la tournée australienne début 2026. C’est alors que le hasard intervient : la secrétaire de son dentiste a un mari entraîneur de tennis. Emmanuel Heussner s’envole pour l’Océanie, et la mayonnaise prend immédiatement.
Un coup d’arrêt avant la consécration
Les résultats suivent : un deuxième tour de qualifications à Melbourne et une finale à Bahreïn. Mais en février, une vilaine cloque au pied provoque un œdème osseux au talon, imposant six nouvelles semaines d’arrêt. « Elle était évidemment dégoûtée, mais elle a pris patience », raconte son père. La récompense survient au printemps. À Rouen (WTA 125), mi-avril, elle s’incline en trois sets au bout du suspense face à Sorana Cirstea (26e mondiale). La semaine suivante, au Challenger d’Oeiras, elle décroche le titre, son corps encaissant parfaitement cinq matchs, dont une victoire sur Bianca Andreescu. Elle retrouvera le top 200 (192e) lors de la prochaine actualisation du classement.
Un message clair pour Roland-Garros
« Gagner un tournoi, c’est aller au bout physiquement. Elle était vraiment heureuse d’y arriver avec un si bon niveau de jeu », souligne son père. Quarante-huit heures après son sacre, elle tentait d’enchaîner à Saint-Malo, mais a été contrainte à l’abandon (6-1, 0-1 ab.) à cause d’une cloque sous le pied. « Rien de grave, elle a essayé mais a préféré se soigner », rassure son entourage. Fiona Ferro voit plus loin : elle espère une wild-card pour les qualifications de Roland-Garros. En tenant tête à des joueuses du Top 30 et en renouant avec le titre, elle a envoyé un message clair : elle est de retour.



