Juan Manuel Cerundolo remporte le Challenger de Bordeaux après un combat acharné
Cerundolo triomphe à Bordeaux en finale épique

Défenseur inlassable et pur terrien, Juan Manuel Cerundolo a fait plier Raphaël Collignon en finale du Challenger de Bordeaux. Dix-huit ans après Eduardo Schwank, un Argentin revient au palmarès du tournoi girondin.

Un combat de plus de deux heures trente

Le trophée du tournoi BNP Paribas Primrose avait pris l’habitude d’être soulevé par des mains de puncheurs. Cette fois, il repart dans celles d’un terrien, un vrai. Un an après le colosse Giovanni Mpetshi Perricard (2,03 m, 103 kg), c’est le poids plume argentin (1,83 m, 73 kg) Juan Manuel Cerundolo qui a inscrit son nom au palmarès du Challenger de Bordeaux. Et quoi de mieux qu’un immense bras de fer de plus de 2 h 30 pour décrocher ce douzième titre sur le circuit Challenger, onze sur terre battue ? L’Argentin de 24 ans a fini par l’emporter à l’usure contre le redoutable Belge Raphaël Collignon, qui n’avait pas perdu le moindre set depuis le début de la semaine, après avoir sorti en deux manches la tête de série n°2 Tallon Griekspoor la veille.

Le style besogneux de Cerundolo

Le style de Juan Manuel Cerundolo n’a rien de celui du puissant Néerlandais. Gaucher, besogneux, plusieurs mètres derrière sa ligne, et défenseur inlassable, sans jamais paraître essoufflé. Dans son jeu, rien de clinquant pour faire lever les foules. Mais pour son adversaire, il peut vite devenir un cauchemar. Dans le premier set, Raphaël Collignon a profité de sa fraîcheur physique pour agresser un joueur qu’il savait « très physique, très difficile à manœuvrer », selon ses mots de la veille, lui qui avait déjà perdu en trois manches face à Cerundolo dans un Challenger à Brunswick sur terre battue.

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« En Argentine, tu mets les pieds sur terre battue dès que tu démarres le tennis », confie-t-il après son sacre. Après le gain du premier set (7-5), le Belge a flanché, en quête d’un second souffle, alors qu’en face, le travail de sape s’est poursuivi dans une manche à sens unique (6-1). Poussé par un public acquis à la cause du nouveau membre du club bordelais, Collignon a trouvé les ressources pour repartir à l’assaut du verrou argentin. Passé à deux points de la défaite, Cerundolo a plié, jamais rompu, et a fini par étouffer sa victime, dans un jeu décisif sous haute tension, suite à une erreur arbitrale qui a tourné au vinaigre entre les deux joueurs, débouchant sur une poignée de main glaciale.

Un rêve surprenant : Wimbledon plutôt que Roland-Garros

Rien n’enlèvera le mérite de l’Argentin. Avec ce titre, il ne cachait pas son sourire à l’idée d’atteindre son meilleur classement en carrière ce lundi avec 18 places gagnées et une 54e place mondiale. Ses qualités sur terre battue n’y sont clairement pas pour rien, lui qui a décroché son premier titre en carrière à 19 ans à Cordoba, contre toute attente, dès son premier tournoi sur le circuit principal et en sortant des qualifications.

Et pourtant, quand on s’avance sur son rêve de gagner Roland-Garros, sa réponse surprend : « Non, non ! Si je devais gagner un Grand Chelem dans ma vie, ce serait Wimbledon ! Un Argentin qui gagne Wimbledon, ça serait fou alors que Roland-Garros, il y en a eu déjà beaucoup. Donc je choisis Wimbledon sans aucun doute. » Après son sacre à la Villa Primrose, Juan Manuel reste encore le deuxième meilleur joueur de sa famille derrière son grand frère. Chez les Cerundolo, le sport coule dans les veines avec Francisco, 27e joueur mondial, le père Alejandro qui a atteint la 309e place mondiale et la sœur Maria Costanza qui est internationale de hockey sur gazon. Juan Manuel devra encore cravacher pour rattraper Francisco de trois ans son aîné, au tennis plus complet. C’est là que le gaucher devra évoluer pour ne pas rester estampillé « pur terrien » et viser plus haut.

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