Marie-Julie Bonnin vise un nouveau podium aux Mondiaux en salle de Torun
Bonnin vise un podium aux Mondiaux de Torun après son record

Marie-Julie Bonnin, de l'outsider à la favorite pour les Mondiaux de Torun

Il y a un an, le titre mondial en salle de Marie-Julie Bonnin collait parfaitement au slogan de son sponsor Nike : « You can’t win. So win. » (Tu ne peux pas gagner. Alors gagne). L'équipementier avait même envoyé à l'outsider couronnée des sweat-shirts floqués de cette formule en édition limitée. Aujourd'hui, la maxime pourrait resservir pour les Mondiaux 2026 à Torun (20-22 mars), où la Bordelaise de 24 ans arrive parmi les cinq ou six favorites majeures, avec un concours prévu le 22 mars à 17h55.

Un titre mondial qui a transformé sa carrière et sa vie

Forcément, Marie-Julie Bonnin repense souvent à son titre mondial de 2025. « C’est un moment qui a changé une partie de ma vie, il s’est passé tellement de choses depuis… Ce petit moment, ce que j’ai vécu en Chine, a eu un impact sur beaucoup de choses. Il m’a permis d’atteindre déjà très jeune un des grands objectifs de ma carrière. Il me libère de plein de choses », confie-t-elle.

Parmi les impacts concrets, on note un partenariat classique avec Ford, mais aussi des collaborations plus extraordinaires. La perchiste a ainsi effectué une apparition avec Kim Kardashian et signé un contrat avec Chanel. « Pour Chanel, cela s’est décidé bien avant que je sois championne du monde. Cela s’est fait en novembre 2024, après les JO, et j’ai gardé le secret depuis tout ce temps. C’est encore plus chouette de se dire que cette marque m’a fait confiance avant que je ne performe à ce niveau-là », explique-t-elle.

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Il s'agit de la CC League, une équipe de sportives « mentorées » par Chanel pour leur permettre de se développer sur de nombreux aspects. Leur mentor est l'ancienne basketteuse américaine Renee Montgomery, décrite comme « incroyablement inspirante ». « L’idée est de nous révéler, et pas seulement par le sport, de promouvoir la beauté, pas uniquement physique. La beauté, c’est aussi la force, le courage etc. »

Des Mondiaux 2026 très ouverts et compétitifs

Pour ces Mondiaux 2026, Marie-Julie Bonnin reste prudente dans ses pronostics. « Difficile de faire des pronostics. Vu les performances de cet hiver, c’est très ouvert. Nina Sutej a sauté 4,80 m, Molly Caudery a encore de la marge, je fais partie d’un groupe de filles à avoir passé 4,76 m… Derrière, il y a pas mal de filles dont Chloé Timberg. Toutes les Américaines ne seront pas là, je ne sais pas s’il y aura la Néo-Zélandaise Eliza McCartney qui a sauté 4,81 m… Ce sera un peu comme l’année dernière, très dense. Cela va se jouer à celle qui sera la plus forte le jour J ».

La perchiste bordelaise mise sur son expérience et son mental pour faire la différence. « Être là au bon moment, avoir un mental de fer, vous connaissez, c’était le cas l’an dernier où vous surmontez 45 minutes d’arrêt de concours ? Oui, c’est le fruit d’une expérience engrangée depuis les catégories jeunes. Aujourd’hui, je me dis : “tu l’as fait l’hiver dernier, tu as accumulé de l’expérience aussi donc ça peut le faire…” Mentalement j’en suis capable, ensuite il faut faire les choses bien ».

Une préparation avec des hauts et des bas

Après son record à 4,76 m le 22 février, Marie-Julie Bonnin a enchaîné deux concours à 4,62 m. Elle explique ces performances en dents de scie : « Au championnat de France, le 28, j’ai attendu longtemps avant d’entrer dans le concours. En plus, comme je n’avais pas mal au dos après une semaine off, je n’avais pas envie de multiplier les sauts. Donc quand j’ai passé 4,62, j’ai tout de suite attaqué 4,77, mon record, mais sans m’être réglée avant sur 4,70 m, c’est un énorme gap ».

Sa vitesse d'élan, mesurée à 9,01 m/seconde à Aubière, reste cependant un atout majeur. « Ma vitesse, c’est une sécurité. Quand je sais que je suis rapide, j’ai l’impression qu’il ne peut rien m’arriver. Du coup, je tente plus de choses, je suis plus guerrière aussi. Le problème, c’est que parfois c’est aussi mon handicap. J’arrive comme une dingue sur le tapis, mais en fait c’est comme si mon cerveau réagissait après mes jambes ».

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Pour Torun, elle précise : « À Torun, je pense que j’aurai du jus, mais pas excessivement comme aux France ». La perchiste française aborde donc ces Mondiaux avec l'ambition de confirmer son statut de championne mondiale, fortifiée par son expérience récente et ses partenariats prestigieux.