Vendredi 13 : entre malédiction et superstition, plongée dans les origines d'une croyance
Vendredi 13 : origines et superstitions d'une croyance

Vendredi 13 : un jour marqué par la superstition et l'histoire

Les superstitieux l'ont soigneusement noté dans leur agenda : ce vendredi est le treizième jour du mois de juin. Pour certains, il symbolise la chance, incitant à tenter sa fortune au Loto, tandis que pour d'autres, c'est un jour maudit à éviter. Explorons les origines fascinantes de ces croyances qui traversent les siècles et les cultures.

La fréquence du vendredi 13 dans notre calendrier

Dans une année, il existe au minimum un vendredi treize, en raison du fonctionnement du calendrier grégorien. Généralement, on en compte deux, mais lorsque le 1er janvier tombe un jeudi pour une année non bissextile ou un dimanche pour une année bissextile, il peut y en avoir trois, comme ce sera le cas en 2026. Cette particularité calendaire alimente les spéculations et les rituels associés à cette date.

Les symboles de malchance : vendredi et nombre treize

Dans la culture occidentale, le vendredi 13 associe deux symboles traditionnels de malchance : le vendredi et le nombre treize. Cette combinaison en fait un jour redouté par beaucoup, bien que certains y voient une opportunité de chance. Il est intéressant de noter que dans d'autres pays, comme l'Italie ou l'Espagne, ce ne sont pas nécessairement ces éléments qui sont craints, montrant ainsi la diversité des superstitions à travers le monde.

Les origines de la crainte du nombre treize

Comme souvent avec les légendes, l'origine de cette croyance est liée à la tradition chrétienne. Dans la Bible, lors de la Cène, treize personnes sont attablées, dont Judas, l'apôtre qui trahit Jésus, menant à sa crucifixion un vendredi. Cette association tragique a marqué durablement les esprits.

Mais la peur du treize remonte aussi à des temps plus anciens. Dans la mythologie nordique, Loki, le dieu de la discorde, s'est invité comme treizième convive à un dîner d'Odin, provoquant la mort de Baldr. De plus, dans l'Antiquité, le système duodécimal prévalait, avec le douze symbolisant la perfection (douze mois, douze dieux de l'Olympe, etc.). Le treize, en rompant cette harmonie, était perçu comme porteur de malheur.

Pourquoi le vendredi est-il considéré comme maudit ?

Le vendredi tient sa réputation néfaste principalement de la tradition chrétienne, avec la crucifixion de Jésus un vendredi, connu sous le nom de Vendredi Saint. D'autres événements bibliques, comme la consommation du fruit défendu par Adam et Ève ou le meurtre d'Abel par Caïn, sont aussi parfois associés à ce jour.

Une théorie historique relie la superstition du vendredi 13 au Moyen Âge, avec l'arrestation de Jacques de Molay, grand maître des Templiers, le vendredi 13 octobre 1307. Cet événement a conduit à la chute de l'ordre et à des exécutions brutales, renforçant la crainte de cette date. Dans la marine, prendre la mer un vendredi 13 était également évité, considéré comme un présage de malheur.

Les phobies associées : paraskevidékatriaphobie et triskaïdécaphobie

Certaines personnes souffrent de phobies spécifiques liées à cette date. La paraskevidékatriaphobie désigne la peur du vendredi 13, tandis que la triskaïdécaphobie se réfère à la peur du nombre treize. Ces phobies peuvent être exacerbées par des événements tragiques survenus un vendredi 13, comme les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ou le naufrage du Costa Concordia en 2012.

Le vendredi 13, un jour de chance ?

Contrairement aux croyances négatives, certains voient dans le vendredi 13 une date positive. Dans la mythologie grecque, le vendredi était consacré à Aphrodite, déesse de l'amour, ce qui pourrait expliquer cette perception. En France, les sociétés de jeux d'argent, comme la Française des jeux, exploitent cette superstition en proposant des cagnottes plus élevées les vendredis 13, attirant des millions de joueurs.

Variations culturelles à travers le monde

Les superstitions varient considérablement d'un pays à l'autre. En Italie, c'est le nombre 17 qui est craint, associé à la mort par son anagramme en chiffres romains. En Espagne, le mardi 13 est redouté, lié au dieu Mars de la guerre. En Asie, notamment en Chine et au Japon, le chiffre 4 est évité car il ressemble au mot signifiant "mort", tandis que le 13 peut être perçu comme favorable.

Ces différences soulignent la richesse et la complexité des croyances humaines, montrant comment des symboles peuvent prendre des significations opposées selon les contextes culturels et historiques.