TotalEnergies s'engage à respecter l'interdiction européenne du gaz russe en 2027
Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a affirmé ce mercredi que le groupe pétrolier et gazier français se conformerait à l'interdiction des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe en Europe, prévue pour l'automne 2027. Cette déclaration intervient lors d'un point presse sur les résultats financiers du groupe, où le dirigeant a souligné que ces volumes pourraient être facilement remplacés.
"On a toujours dit clairement qu'on suivrait les règles qui seront adoptées", a déclaré Patrick Pouyanné, en référence à l'accord trouvé début décembre entre les États membres de l'Union européenne pour interdire toutes les importations de gaz russe dans l'UE à cette échéance.
Une participation maintenue dans le champ gazier de Yamal
Malgré cet engagement, TotalEnergies conserve une participation de 20% dans le méga-champ gazier LNG de Yamal en Sibérie, aux côtés de l'exportateur privé russe Novatek, qui détient 50,1%. "Nous n'aurons plus le droit d'importer le GNL de Russie en Europe, mais on restera actionnaire du Yamal", a précisé le PDG.
Patrick Pouyanné a indiqué que TotalEnergies percevait toujours des "dividendes" liés à ce champ gazier privé, bien qu'ils ne puissent être comptabilisés car "ils restent en Russie". Cette situation illustre la complexité du désengagement des entreprises européennes des actifs russes, dans un contexte de sanctions internationales.
Contexte européen et évolution des approvisionnements
L'accord européen de décembre vise à priver Moscou d'une manne financière qui soutient sa guerre en Ukraine. Si l'Europe a réduit ses approvisionnements en gaz russe par gazoducs, elle s'est partiellement tournée vers le GNL transporté par navire. La part du gaz russe dans les importations de gaz naturel de l'UE est ainsi passée de 45% en 2021 à 19% en 2024.
En 2024, la Russie occupe une place centrale avec 20% des importations de GNL de l'UE, soit 20 milliards de mètres cubes, derrière les États-Unis qui représentent 45%. "On nous critique car on continue à importer le GNL [russe], mais on l'a fait pour assurer la sécurité d'approvisionnement et pour éviter que les prix montent au ciel", a plaidé Patrick Pouyanné, évoquant la crise énergétique de 2022.
Perspectives d'avenir et stratégie de TotalEnergies
Quatre ans après l'invasion de l'Ukraine, la donne a changé. De nombreux nouveaux projets de GNL vont entrer en service à partir de 2027-2028 dans le monde, permettant aux marchés d'"être approvisionnés" et aux prix de "baisser", ce que le PDG qualifie de "bonne nouvelle pour les consommateurs européens".
"On peut dire qu'à TotalEnergies, on se passera de ce GNL", a ajouté Patrick Pouyanné. Le groupe, qui se présente comme le premier exportateur de GNL américain, entend poursuivre la croissance de ce secteur, une priorité stratégique, avec l'entrée en production de deux projets en 2026 au Qatar et au Mexique.
Cette transition s'inscrit dans un contexte où l'Europe cherche à diversifier ses sources d'énergie tout en maintenant la stabilité des prix pour les consommateurs. L'engagement de TotalEnergies à respecter l'interdiction de 2027, tout en gérant ses actifs russes, reflète les défis complexes auxquels font face les entreprises énergétiques dans le paysage géopolitique actuel.