Un but inattendu au centre aéré : de la réserve à la gloire
Valentin, directeur marketing à Paris, se souvient de cet épisode d’enfance à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), où un match de foot au centre aéré le fait passer de la réserve à la gloire grâce à un but inattendu.
Pour Valentin, un simple but est devenu un « moment de suspension totale avant que la vie ne reprenne son cours ».
« Ce mercredi-là, le soleil donnait envie de ne rien faire. Mais au centre aéré, le mercredi après-midi, c’était foot. Obligatoire, universel, impitoyable. J’avais 13 ans, peut-être 14. J’étais plutôt petit pour mon âge, frêle, et pas vraiment dans la bande des garçons qui se bousculaient en riant fort dans la cour dès le matin. Ces garçons-là formaient un bloc, avec leurs codes, leurs vannes, leur façon d’occuper l’espace. Moi, j’existais un peu en marge – pas exclu, juste légèrement décalé, comme un sous-titre mal synchronisé.
Et le rituel débute. D’abord, la désignation des équipes. Les deux capitaines appellent les noms, un par un, avec cette autorité tranquille de ceux qui n’ont jamais douté d’être choisis en premier. “Untel, untel, untel…” Le groupe se forme, se resserre. Je regarde la liste des disponibles se réduire… Il reste trois joueurs, puis deux, puis moi. Je suis le dernier choisi. Une fois de plus. Mais ce jour-là, quelque chose se passe. Le match est serré, les passes s’enchaînent, et soudain, le ballon arrive vers moi. Je contrôle, je lève la tête, je vois le but. Je frappe. Le ballon file, contourne le gardien, et touche le fond des filets. Stupeur. Mes coéquipiers crient, me félicitent. Moi, je reste un instant figé, comme si le temps s’était arrêté. Ce but, ce n’était pas juste un point. C’était une revanche silencieuse sur toutes ces fois où j’avais été le dernier, l’oublié, le transparent. Pendant quelques secondes, j’étais quelqu’un. Puis le match a repris, et la vie a repris son cours. Mais ce moment, je ne l’ai jamais oublié. »
Propos recueillis par Raphaël Moinot.



