Depuis la rentrée du 1er septembre, le téléphone portable est interdit dans les lycées. Au lycée Antoine-de-Saint-Exupéry de Saint-Raphaël, cette mesure a été mise en place immédiatement, mais sans confiscation des appareils. Les élèves doivent les laisser éteints au fond de leur sac, ou ne pas les apporter du tout.
Une décision mûrie depuis l'été
La proviseure Sylvie Penicaut et son équipe éducative avaient anticipé cette réforme. Dès cet été, ils ont actualisé le règlement intérieur de l'établissement pour intégrer les nouvelles dispositions. Le lycée, qui compte 1861 élèves cette année, avait déjà équipé plusieurs salles de classe de casiers pour que les élèves puissent y déposer leurs smartphones à l'entrée des cours. « Une liberté d'appréciation sur l'usage, volontaire ou exigé, de ces casiers, était laissée aux enseignants », détaille la proviseure.
Cependant, ce dispositif n'a pas été retenu pour la généralisation de la mesure. « Nous avons pris la décision de ne pas organiser la récupération des téléphones. Avec autant d'élèves, cela s'avérerait complexe à mettre en œuvre. En outre, le risque qu'un vol et les problèmes qui en découlent se produisent nous a dissuadés de procéder ainsi », poursuit Sylvie Penicaut.
Une consigne simple : éteint et dans le sac
La consigne est donc simple : les élèves sont invités à laisser leur téléphone éteint au fond de leur sac, voire à ne pas l'apporter du tout. Seule exception : les étudiants en BTS, présents dans l'établissement mais non lycéens. La cheffe d'établissement prévient que la surveillance sera « très assidue », car elle sait que le portable est « un peu leur doudou ». « Cela risque d'être compliqué avec certains, notamment les élèves de première et terminale qui y avaient droit jusqu'à présent. Pour les secondes, cela devrait être plus simple puisqu'ils n'y avaient déjà pas droit au collège », explique-t-elle.
Les élèves partagés face à l'interdiction
Chez les élèves, les réactions sont contrastées. Lauriane, en seconde, s'oppose franchement à la mesure. « Je ne suis pas d'accord car je ne voudrais pas que l'on touche à mes affaires », dit-elle, ajoutant qu'elle utilise son téléphone pour connaître l'heure. Si une confiscation devait être requise, elle affirme : « Je ne le donnerai pas dans tous les cas. »
Charlotte, nouvelle arrivante, est plus détachée. « Je ne sais trop quoi penser de cette interdiction. Mais en ce qui me concerne, je ne suis pas impactée car mes parents m'ont retiré mon téléphone car je l'utilisais trop », confie-t-elle. Elle précise que cela ne changera pas grand-chose pour elle.
Tom, également en seconde, est favorable au principe : « C'est normal de demander aux élèves de ne pas aller sur leur téléphone en classe. » Il pose toutefois une limite, celle de la confiscation physique. « L'idée que certains lycées obligent les élèves à donner leur appareil me dérange. Je n'aurais pas confiance en l'établissement pour en assurer la sûreté », dit-il.
D'autres nouveautés au lycée Saint-Exupéry
Le lycée a également relancé le Brevet d'initiation aéronautique (BIA) après six ans d'absence. Une classe expérimentale de seconde « tremplin » a été ouverte, avec un effectif réduit de 17 élèves. Elle vise à « réconcilier avec l'école des élèves en difficulté ou perdus dans leur orientation ».
L'établissement affiche de bons résultats au Bac général 2025-2026 : un taux de réussite de 96,8 %, supérieur à la moyenne académique (95,3 %) et nationale (95,9 %). Le taux de mention est de 70 %. Selon la proviseure, l'organisation d'un « grand oral blanc » a contribué à ces résultats.



