Taxe bateaux : la colère des plaisanciers monte contre la réforme
Taxe bateaux : la colère des plaisanciers contre la réforme

La réforme de la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (TAEMUP) suscite une vive colère parmi les plaisanciers. À compter du 1er janvier 2027, même les embarcations de moins de 7 mètres seront imposées, avec un montant pouvant atteindre 441 euros par an. Les associations dénoncent une menace pour la plaisance populaire, tandis qu'une pétition nationale a déjà recueilli plus de 10 000 signatures.

Un nouveau mode de calcul controversé

La réforme modifie le calcul de la taxe en prenant en compte la puissance en kilowatts (kW) des moteurs plutôt que les chevaux fiscaux. Un nouveau barème est également établi en fonction de la longueur de la coque. Les abattements d'ancienneté, qui exonéraient auparavant les propriétaires de vieux bateaux, ont été revus. Selon Jean Mitsialis, président de la Fédération nationale de la plaisance et des pêches en mer et membre de l'Association de protection de la plaisance et de la pêche (APPP) de Valras-Plage, cette réforme impacte particulièrement les petits propriétaires : « Pour une association comme la nôtre, à Valras, cela représente un peu plus de 60 % de nos adhérents. C'est vraiment impactant. »

Un exemple concret : 441 euros pour un bateau de 6,50 m

À titre d'exemple, le propriétaire d'un navire de 6,50 m équipé d'un moteur de 200 CV devra désormais payer 441 euros par an, alors qu'il ne déboursait rien auparavant. Jean Mitsialis ajoute : « Cette réforme va toucher des plaisanciers du quotidien, des gens qui naviguent en famille ou entre amis. » Le gouvernement justifie cette mesure par une volonté de simplifier le dispositif et d'inciter à des motorisations plus vertes, avec une réduction de taxe de 50 à 75 % pour les moteurs hybrides ou électriques. Cependant, ces motorisations restent minoritaires et très coûteuses à l'achat.

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Une pétition pour faire revenir les autorités en arrière

Face à ce tollé, une pétition nationale a été lancée sur le site plaisancejuste.fr. Elle exige une révision du calcul de la taxe. Les plaisanciers dénoncent également l'opacité du nouveau système, qui rend difficile la compréhension du montant exact à payer. « Il y a bien eu des négociations, mais comme d'habitude, les autorités n'en ont absolument pas tenu compte », regrette Jean Mitsialis.

Des conséquences économiques pour les professionnels

La réforme pourrait également affecter les professionnels du nautisme. Fabrice Bossio, gérant de la société de location Bateau Loc au Cap d'Agde et du chantier Cap Nav Services à Marseillan Plage, estime que cela lui coûterait entre 4 000 et 5 000 euros par an pour une dizaine de bateaux jusqu'ici exonérés. « Cela va casser le marché de l'occasion, j'ai déjà des clients retraités qui m'ont dit qu'ils vendraient leur bateau si la taxe passe », confie-t-il. Le marché de la plaisance, déjà en baisse, pourrait ainsi subir un nouveau coup dur.

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