Rapport sur le bonheur : l'impact complexe des réseaux sociaux sur les jeunes
Le rapport annuel sur le bonheur, publié jeudi sous l'égide de l'Onu, met en lumière les effets néfastes de l'utilisation intensive des réseaux sociaux sur le bien-être des jeunes à l'échelle mondiale. Cette publication intervient alors que de nombreux pays envisagent d'imposer des restrictions à l'utilisation des plateformes sociales par les plus jeunes.
La Finlande, championne incontestée pour la neuvième année
La Finlande conserve sa place de pays le plus heureux du monde pour la neuvième année consécutive, avec un score de 7,764 sur 10. Ce pays nordique de 5,6 millions d'habitants, réputé pour ses milliers de lacs, sa culture du sauna et son système de protection sociale développé, affiche un niveau élevé de confiance envers les autorités et de faibles inégalités.
Juho Saari, professeur de politique sociale et de santé à l'université de Tampere, souligne que malgré des défis comme un taux de chômage record et d'importantes coupes dans les prestations sociales, les Finlandais restent heureux. « Cela nous montre que la politique n'a pas tant d'importance », explique-t-il, ajoutant que la vie privée des gens constitue un facteur déterminant.
Les pays nordiques dominent le classement
Les pays nordiques continuent de dominer le haut du classement mondial du bonheur. L'Islande, le Danemark, la Suède et la Norvège rejoignent la Finlande pour occuper cinq des six premières places cette année. Le Costa Rica réalise une performance remarquable en se classant quatrième, entrant pour la première fois dans le top 5 et obtenant le meilleur classement jamais atteint par un pays d'Amérique latine.
La France arrive quant à elle au 35e rang, perdant deux places par rapport à l'année précédente où elle se classait 33e. Pour la première fois depuis la publication initiale du rapport en 2012, aucun pays anglophone ne figure dans le top 10.
L'impact contrasté des réseaux sociaux sur les jeunes
Le rapport souligne des « baisses spectaculaires » du niveau de bonheur chez les moins de 25 ans aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, particulièrement marquées chez les filles. Jan-Emmanuel De Neve, professeur d'économie à l'université d'Oxford et l'un des rédacteurs du rapport, explique que « l'impact de l'utilisation des réseaux sociaux sur le bien-être est complexe ».
Plusieurs facteurs influencent cette relation :
- Le temps passé sur les plateformes sociales
- Le type de plateforme utilisée
- La manière dont elle est utilisée
- Des facteurs démographiques comme le sexe et le statut socio-économique
« Une utilisation intensive est associée à un bien-être nettement moindre, mais ceux qui se détournent délibérément des réseaux sociaux semblent également passer à côté de certains effets positifs », précise Jan-Emmanuel De Neve.
Une tendance mondiale contrastée
Jon Clifton, directeur général de Gallup qui a contribué au rapport, note dans un communiqué que « la plupart des jeunes dans le monde sont plus heureux aujourd'hui qu'il y a 20 ans, et c'est une tendance qui mérite notre attention ». En effet, si certaines régions connaissent des baisses significatives, d'autres enregistrent une augmentation du niveau moyen de bonheur déclaré chez les jeunes.
L'indice de bonheur, calculé sur une moyenne de trois ans, prend en compte six facteurs principaux :
- Le PIB par habitant
- L'espérance de vie en bonne santé
- Le soutien social
- La liberté de faire des choix de vie
- La générosité
- La perception de la corruption
Les extrêmes du classement mondial
Parmi les 147 pays répertoriés dans le rapport, les niveaux de satisfaction de vie les plus bas ont été enregistrés en Afghanistan. Les dirigeants talibans, revenus au pouvoir en 2021, sont accusés de violations des droits de l'homme et de mauvais traitements envers les femmes, ce qui contribue à cette situation difficile.
Karolina Iissalo, une Finlandaise de 30 ans rencontrée alors qu'elle fêtait son anniversaire dans un sauna public du centre-ville d'Helsinki, partage son analyse : « Nous avons une nature intacte, et la paix et la tranquillité qui règnent ici sont probablement notre atout majeur pour expliquer pourquoi il fait bon vivre ici ».



