Ce mardi 19 mai, la police proposait une réunion publique à Chancelade sur la prévention des cambriolages. Une première qui sera amenée à être renouvelée. Pied de biche, serrure, perceuse, cylindre brisé, pêne démonté, caméras, alarmes : tout un bric-à-brac est posé sur une table au pied de l’estrade du centre culturel de Chancelade, en Dordogne. Le brigadier-chef Sébastien Point y attrape des objets pour poursuivre sa démonstration. « Si le cylindre de votre serrure dépasse ne serait-ce qu’un peu, il est possible de l’attraper avec une pince et de le briser dans son point le plus faible, c’est-à-dire les quelques millimètres d’acier au niveau du pêne. »
Face à lui, une cinquantaine de personnes aux cheveux grisonnants écoutent attentivement. Ce mardi 19 mai, elles assistaient à une réunion de prévention des cambriolages, la première du genre en Dordogne. « La conférence a été montée par la DIPN 24, la Direction interdépartementale de la police nationale, indique le major Willy Dessomme, en charge de la communication. À partir d’échanges avec la police technique et scientifique, les enquêteurs, les relevés des constatations… » Bref, du cousu main appelé à être dupliqué dans les autres communes qui relèvent de la police.
« Dédiaboliser » l’appel au 17
Le brigadier-chef résume la stratégie générale : « Il faut dissuader le délinquant de passer à l’action. L’obliger à faire davantage d’efforts pour arriver à ses fins, diminuer l’accessibilité de la cible visée. » Plus facile à dire qu’à faire pour les personnes du public, dont la plupart habitent dans des pavillons de l’agglomération de Périgueux ou à la campagne.
Le propos s’appuie d’abord sur le bon sens. « Premier réflexe à avoir quand on sort de chez vous : jeter un coup d’œil aux alentours, remarquer cette voiture avec quelqu’un qui fait semblant de téléphoner, ce promeneur qui ne cesse de passer… » Et, bien entendu, « on ferme le portail, même quand on va faire ses courses ». Pour les départs en vacances, « une boîte aux lettres qui explose de courriers indique que la maison n’est plus occupée depuis un moment ».
Chaque remarque est assortie d’un conseil : « Ça ne sert à rien de blinder la porte de devant de votre pavillon si, derrière, vous avez une porte qui n’est pas protégée. » Et aussi d’astuces pour savoir si sa maison est surveillée par des personnes mal intentionnées : une feuille blanche qui dépasse de la boîte aux lettres ou glissée dans une porte, des gravillons posés sur le chambranle d’un portail, des fils jetés dans une cour intérieure. Autant de choses qui, si elles restent en place, signifient l’absence de l’occupant des lieux.
Protéger le périmètre de la maison
L’étape suivante concerne le périmètre de la maison, principalement ses ouvertures : fenêtres, baies vitrées, portes… « Ne laissez pas votre échelle ou des outils traîner dans le jardin, martèle le policier. Ça facilite le travail des cambrioleurs. »
Fonctionnement d’une serrure, d’un verrou, utilisation d’une caméra, d’une alarme, d’un flash lumineux, où les placer : le brigadier-chef passe en revue tout l’attirail des protections possibles, dont la plus évidente : « Je veux dédiaboliser l’appel au 17. Une voiture qui a fait plusieurs passages dans la journée et a attiré votre attention doit être signalée. »
Voisins vigilants
De l’avis des participants, la conférence a été une réussite. Parmi les mille et un conseils distillés, Monique a été frappée par l’exposé sur les serrures : « Il va falloir que je vérifie les miennes car je ne suis pas certaine qu’elles sont en bon état. » À côté d’elle, Patrice est plutôt fier d’avoir souscrit à un système de télésurveillance : « J’ai une caméra, je peux tout voir. »
L’un et l’autre confessent que leur maison n’est pas clôturée. « Ça me reviendrait trop cher, calcule Patrice. J’aurais plus de 400 mètres à faire. » « Je n’aime pas ça, je me sens enfermée, rebondit Monique. Mais j’ai une alarme. Et quand je sors de chez moi, je bloque les crémones des portes avec des chaises. » De son côté, Patrice a mis le paquet sur les serrures, « toutes doublées et faites par une boîte de Lyon ».
Surtout, avec leurs voisins, ils ont déployé leur propre système de vigilance. « Dès qu’on part, on se prévient, décrit Monique. Comme ça, il y a toujours quelqu’un qui jette un coup d’œil. On le fait par réflexe. » Mais, malgré toutes ces précautions et les conseils avisés de la police, elle en est persuadée : « Quelqu’un qui veut vraiment rentrer chez vous y arrivera toujours. »



