La loi interdisant l'utilisation du téléphone portable dans les lycées, promulguée le 24 août par Emmanuel Macron, entre en vigueur ce mardi 1er septembre. Sur la Côte d'Azur, l'académie de Nice prévoit une application immédiate, mais avec une tolérance de quelques jours pour permettre aux établissements de s'adapter. Le recteur Emmanuel Roux a indiqué que les élèves devront garder leur portable éteint, rangé au fond de leur sac, tout en reconnaissant qu'il faudra « quelques jours pour que tout se mette en place ».
Un délai de mise en œuvre lié au calendrier
La loi a été promulguée seulement une semaine avant la rentrée, laissant peu de temps aux lycées pour s'organiser. Les établissements doivent notamment modifier leur règlement intérieur pour définir les lieux et circonstances où le téléphone est proscrit, ainsi que les sanctions applicables en cas de non-respect. Le ministère de l'Éducation nationale proposera une rédaction type pour faciliter cette tâche.
Valérie Neumann, proviseure du lycée Renoir à Cagnes-sur-Mer, explique qu'un « travail collectif sera fait au cours du mois de septembre avec les enseignants, les personnels, les élèves, le CVL (le conseil des délégués pour la vie lycéenne) » afin de donner un cadre. Elle envisage une sectorisation de l'établissement, avec des zones où le téléphone sera autorisé et d'autres où il sera interdit.
Des exceptions et des questions pratiques
Le recteur Emmanuel Roux a énuméré les exceptions à l'interdiction : les élèves en situation de handicap, les raisons médicales, un usage pédagogique, le paiement à la cantine, ou encore les étudiants post-bac (BTS, classes prépas). En cas de manquement, le règlement intérieur pourra prévoir la confiscation du téléphone, comme c'est déjà le cas au collège.
Chaque lycée est libre de choisir ses modalités pratiques : casiers, pochettes, ou simple consigne de ranger le portable au fond du sac. Au lycée Renoir, la question n'est pas encore tranchée. Fabienne Langoureau, secrétaire départementale SNES-FSU, s'inquiète : « Qui va s'occuper de récupérer les téléphones portables, les vies scolaires ? À l'entrée au lycée le matin 2 000 téléphones portables à gérer, ça me paraît compliqué voire inapplicable ». Elle refuse que cette tâche incombe aux professeurs, estimant qu'il serait « aberrant » de gérer 36 téléphones pendant un cours de 50 minutes.
Des risques de tensions et d'incidents
Fabienne Langoureau, également enseignante en lettres au lycée Calmette à Nice, redoute des tensions avec les élèves. Elle rapporte un incident survenu l'an passé : « Le seul moment où j'ai eu un problème de violence avec un élève, c'est lorsque j'ai pris son téléphone portable qu'il utilisait pour tricher lors d'un contrôle. » Elle ajoute que les parents ont défendu l'élève, et alerte sur les risques de vols ou de pertes si des casiers sécurisés ne sont pas fournis, ce qui pourrait entraîner des recours des parents contre l'établissement.
L'objectif de la loi est de favoriser la concentration et la qualité des apprentissages, de réduire les risques de cyberharcèlement et d'exposition à des contenus violents, et d'améliorer le climat scolaire. La mise en œuvre concrète dépendra donc de la capacité des lycées à définir des règles claires et à les faire respecter, dans un contexte de rentrée chargé.



