Logements inoccupés : Paris va sanctionner les propriétaires comme Bruxelles
Paris va sanctionner les propriétaires de logements vides

La mairie de Paris a annoncé ce lundi une nouvelle mesure choc pour lutter contre la vacance des logements. À l'instar de Bruxelles et New York, la capitale française va sanctionner financièrement les propriétaires de biens inoccupés. L'objectif est de remettre sur le marché locatif environ 200 000 logements vides, soit près de 10% du parc immobilier parisien.

Une taxe progressive et dissuasive

Le dispositif prévoit une taxe annuelle progressive, calculée en fonction de la durée d'inoccupation. Pour un logement vide depuis moins d'un an, la taxe sera de 1 000 euros par an. Au-delà de deux ans, elle grimpera à 5 000 euros, et pour les biens vacants depuis plus de cinq ans, le montant pourra atteindre 10 000 euros par an. Les propriétaires concernés devront déclarer leur situation via une plateforme en ligne dédiée.

Un alignement sur les pratiques internationales

Cette mesure s'inspire directement des politiques menées à Bruxelles et New York. Dans la capitale belge, une taxe similaire a permis de réduire de 30% le nombre de logements vides en cinq ans. À New York, le programme "Home Sweet Home" a imposé des amendes allant jusqu'à 5 000 dollars par mois pour les propriétaires laissant leurs biens inoccupés. Paris veut aller plus loin en combinant taxation et incitations à la rénovation.

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Des exceptions pour les cas particuliers

Certaines situations seront exonérées : les logements en attente de vente ou de succession, ceux nécessitant des travaux lourds, ou encore les résidences secondaires utilisées moins de 90 jours par an. Les propriétaires pourront également bénéficier d'un abattement s'ils s'engagent à louer leur bien à un prix plafonné dans le cadre du dispositif "Louer abordable".

Une opposition politique prévisible

Les associations de propriétaires ont immédiatement réagi, dénonçant une "mesure punitive" qui pourrait décourager l'investissement locatif. "C'est une attaque contre la propriété privée", a déclaré le président de l'Union nationale des propriétaires immobiliers. De son côté, la mairie de Paris assure que cette taxe est nécessaire pour répondre à la crise du logement. "Nous ne pouvons pas accepter que des logements restent vides alors que des milliers de Parisiens cherchent un toit", a affirmé l'adjoint au logement.

Un calendrier serré

La mesure sera soumise au vote du Conseil de Paris en juin prochain. Si elle est adoptée, elle entrera en vigueur au 1er janvier 2027. Les propriétaires auront jusqu'au 31 mars 2027 pour déclarer leurs biens inoccupés. Une phase de test sera menée dans trois arrondissements pilotes dès septembre 2026. Les recettes générées, estimées entre 50 et 100 millions d'euros par an, seront intégralement affectées à la construction de logements sociaux et à l'aide aux ménages modestes.

Cette initiative parisienne s'inscrit dans un mouvement plus large en Europe. Plusieurs grandes villes comme Londres, Berlin ou Milan ont déjà mis en place des taxes similaires. Selon un rapport de l'OCDE, les logements inoccupés représentent en moyenne 8% du parc immobilier dans les grandes métropoles mondiales. Une situation que les pouvoirs publics tentent de résorber par des mesures de plus en plus coercitives.

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