Le 24 juillet, à 15h07, Maëlle est née dans le salon familial de ses parents, Mélissande Brémond et Fabien Cambi, à Roquebrune-Cap-Martin. Ce choix d'accouchement à domicile, préparé depuis longtemps, a été accompagné par des sages-femmes et une doula. Les parents racontent une expérience intense, marquée par l'implication du père et un retour à la physiologie.
Un projet longuement préparé
Cette naissance ne doit rien au hasard. Mélissande, professeure des écoles, s'était documentée sur la naissance physiologique et avait suivi une formation de doula, ce qui lui a permis de découvrir différentes façons d'accompagner une naissance. Elle avait aussi assisté, quelques années auparavant, à la naissance à domicile de l'enfant d'une amie. « Observer ça, enlever le mythe qu'on doit souffrir à tout prix, qu'il faut absolument une péridurale, que cela doit être médicalisé, et me rendre compte que ça pouvait être aussi beau, aussi doux m'a réconciliée avec l'accouchement », explique-t-elle.
Le couple, qui se décrit comme proche de la nature, insiste sur l'importance du suivi médical dans leur décision. « On a la chance d'avoir un super suivi médical aujourd'hui », souligne Mélissande. Le projet n'avait de sens qu'à condition que la grossesse et la présentation du bébé permettent de l'envisager avec les professionnelles qui les suivaient.
Un papa pleinement impliqué
Les premières contractions surviennent la veille de la naissance. Mélissande marche encore dans le village, croise des connaissances. « Je disais aux gens : "Je commence le travail, je ne parle pas trop !" », se souvient-elle en souriant. Vers 2 heures du matin, le couple contacte les professionnelles. Une sage-femme et une doula arrivent vers 4 heures.
Fabien, 38 ans, n'est pas un simple spectateur. « C'est ça qui est intéressant dans l'accouchement à la maison : le papa est totalement là. Il est impliqué », racontent les parents. Massages, repas, présence auprès de Mélissande : il participe à cette longue attente. Une seconde sage-femme, retenue auparavant par une autre naissance, rejoint l'équipe au moment où Maëlle vient au monde.
Une naissance presque debout, loin du scénario prévu
Le couple avait installé une piscine d'accouchement, mais la chaleur de juillet en a décidé autrement. « J'avais trop chaud dans la piscine. Je voulais bouger, je voulais être près du ventilateur », raconte Mélissande. Elle marche, change de position, bouge son bassin. C'est finalement presque debout, dans le salon, qu'elle donne naissance à sa fille, d'environ 3,4 kg.
Après toutes ces heures de travail, le temps semble s'arrêter. Maëlle crie, ses parents pleurent. « Là, on réalise à peine ce qui se passe », confient-ils. Le couple fait le choix de ne pas sectionner immédiatement le cordon ombilical, qui reste relié au placenta jusqu'à ce qu'il se détache naturellement, trois jours plus tard, une pratique appelée « naissance lotus ».
Un suivi à domicile et une philosophie assumée
Les jours suivants, la sage-femme revient contrôler l'état de santé de la mère et du nouveau-né, et suivre l'évolution du poids de Maëlle. Les parents consultent ensuite un pédiatre et font appel à une professionnelle de l'allaitement lorsque Mélissande rencontre des difficultés. Ces conseils ont, dit-elle, « fait toute la différence » et lui ont permis de poursuivre son allaitement.
Pourquoi ce choix ? « Philosophiquement, parce qu'une femme sait faire », répond Mélissande. Elle souhaitait vivre pleinement les sensations de la naissance et laisser le processus physiologique suivre son cours. Fabien partage cette approche. « On n'est pas des extrémistes », sourient-ils. Une naissance à domicile ne raconte qu'une histoire parmi d'autres, pas un modèle à imposer. Depuis le 24 juillet, les grandes réflexions ont laissé place à une réalité plus simple : celle des journées et des nuits rythmées par une petite fille, Maëlle, dont la première adresse aura aussi été son lieu de naissance.



