Quelque sept mille personnes, lycéens, étudiants et adultes, ont défilé ce 13 octobre dans les rues de Montpellier pour la condition scolaire, selon la police. Un chiffre en léger recul si l'on s'en tient aux données officielles, qui établissaient le nombre de manifestants à huit mille le 6 octobre dernier, dix mille selon nos sources.
Un cortège dense et en croissance
Difficile, de prime abord, de mesurer la participation à cette nouvelle manifestation. Si le cortège paraissait être nettement en deçà de la précédente (le 6 octobre, entre huit mille et dix mille personnes avaient défilé), le nombre de manifestants se chiffrait entre trois et quatre mille au départ. Pour ensuite grossir au fil des nombreuses arrivées en cours de route. Au final, la police estime à quelque sept mille le nombre de manifestants (huit mille selon les organisateurs).
Depuis Albert-Ier, le cortège, dense, a rejoint La Comédie en fin d'après-midi. Comme la semaine précédente, la manifestation a tourné à la confrontation entre certains manifestants et la police. Une jeune fille dit avoir reçu, au niveau de la tête, un projectile policier. Elle a été prise par des secouristes de rue, puis confiée aux pompiers.
Des adultes solidaires
Ni étudiant, ni lycéen, Jean-Luc, un développeur web, a décidé de se joindre au cortège qui défilait ce 13 octobre dans les rues de Montpellier, « pour les soutenir ». À quelques calicots de là, toujours sur la place Albert-Ier, Tom, un étudiant en histoire de l'Université Paul-Valéry, ne voit pas le mouvement s'essouffler à la faveur des vacances scolaires toutes proches. « Ce sera les vacances pour les lycéens mais pas pour nous. Après, viendront-ils sur les facs pendant cette période… Mais les gens ont l'air très motivé », constate-t-il.
Près de lui, Isabelle et Florence, copines et enseignantes, l'une retraitée, l'autre bientôt, sont venues dénoncer « le mépris insupportable » lié aux revendications des jeunes. « Je comprends que les gamins se révoltent car c'est : Faites ce que vous voulez, gesticulez », tance Florence. Hier comme elles, nombre d'adultes ont rejoint le regroupement. Seuls, à plusieurs ou sous une bannière syndicale ou politique, tous sont venus grossir les rangs du défilé qui s'est finalement ébroué vers 13 h 20.
Un parcours sous tension
Le Jeu-de-Paume, l'Observatoire puis la rue de La République descendus, les manifestants ont ensuite bifurqué vers le Pont-de-Sète avant de redescendre le boulevard de Strasbourg pour mieux remonter vers le bas d'Antigone par la rue Blum. Décision a ensuite été prise de filer vers la place Paul-Bec et les Échelles de la ville où plusieurs dizaines de personnels des compagnies républicaines de sécurité les attendaient, bouclier au pied, matraque à portée. Chaque camp se jaugeant avant le reflux du cortège, au bout d'une grosse demi-heure, vers Mermoz pour mieux gagner La Comédie ensuite par l'allée Henri-II-de-Montmorency.
Cette mobilisation, qui s'inscrit dans la continuité des actions lycéennes, montre une contestation qui ne faiblit pas malgré les vacances approchantes. Les organisateurs revendiquent huit mille participants, tandis que la police en compte sept mille, un écart qui reflète la persistance du mouvement.