Lutte antidrogue à Nice : la police s'adapte aux nouveaux modes de trafic
Lutte antidrogue à Nice : la police s'adapte

Le commissaire divisionnaire Eric Antonetti, chef du service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ 06), revient sur le récent démantèlement du point de deal des « 3T » dans le quartier des Moulins à Nice. Il évoque les défis posés par l'évolution du trafic de stupéfiants, notamment la vente en ligne, et les adaptations nécessaires des enquêteurs.

Un objectif majeur atteint aux Moulins

Le démantèlement des « 3T » était une priorité pour la police. Selon le commissaire, il s'agit d'une belle réussite qui s'inscrit dans la stratégie policière et judiciaire de cibler les points de deal physiques, sources de troubles à l'ordre public. Ce point était l'un des derniers actifs dans le quartier, et leur nombre a sensiblement diminué. Cependant, la demande reste forte et se reporte sur d'autres systèmes, comme la vente numérique.

Réduction des nuisances pour les habitants

Le commissaire Antonetti souligne que la suppression des points de vente physiques réduit les désagréments pour les riverains. « On diminue le risque que des habitants, souvent les plus pauvres, se prennent une balle de kalachnikov dans leur salon ou dans la chambre des gosses », déclare-t-il. Il admet que des contentieux subsistent, mais les règlements de compte se concentrent encore sur les points physiques.

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L'essor de la vente numérique, un défi pour les enquêteurs

Face à la menace du trafic « Ubershit » (vente en ligne avec livraison), les méthodes doivent évoluer. « Cela demande de l'adaptation, mais ce n'est pas insurmontable », affirme le commissaire. Les trafiquants vont se clandestiniser, comme la prostitution. La police doit débusquer ces réseaux avec une autre forme de travail. L'information n'est pas difficile à obtenir : par principe, ces réseaux doivent s'ouvrir pour être connus. Ensuite, il faut identifier les lieux de livraison, souvent des appartements en location. Le commissaire estime qu'un important trafic clandestin ne prospérerait pas sans que la police en ait vent.

Des enquêtes plus diversifiées

L'évolution du trafic impose une double approche : des investigations courtes pour démanteler un trafic « Ubershit », et des enquêtes de police judiciaire plus approfondies pour remonter les filières d'approvisionnement et de blanchiment. « On coupe ainsi leurs sorties d'argent, et on travaille sur leur système de blanchiment », explique Eric Antonetti. Cela nécessite une coopération étroite entre les unités d'enquête, les services financiers et les équipes de terrain. C'est cette coordination qui permet un démantèlement efficace.

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