Lutte contre les violences scolaires : le ministre appelle à la mobilisation
Violences scolaires : Geffray appelle à la mobilisation

Alors que le procès pour l'assassinat d'Agnès Lassalle, enseignante mortellement poignardée en plein cours par un élève le 22 février 2023 à Saint-Jean-de-Luz, se poursuit devant la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, le ministre de l'Éducation nationale Edouard Geffray, en déplacement ce jeudi 23 et vendredi 24 avril sur l'académie de Bordeaux, appelle à un sursaut collectif pour lutter contre les violences à l'école.

En amont de sa visite, à l'occasion d'un entretien avec Sud Ouest, il rappelle ce jeudi les actions déployées en ce sens, notamment la multiplication des contrôles inopinés réalisés aux abords des établissements scolaires. « Sur l'académie de Bordeaux, il y a eu 252 contrôles de sacs depuis la rentrée de septembre ; 14 armes blanches saisies », détaille le ministre, en précisant que « tous les élèves n'ont pas d'intention dolosive. Il n'y a pas que de la voyoucratie dans ce phénomène », mais aussi des jeunes qui ont oublié un cutter ou un couteau après des travaux de bricolage ou « qui ne se rendent pas compte que ce n'est pas normal d'avoir un couteau sur soi à l'école ».

« Ce n'est pas normal d'avoir un couteau sur soi à l'école »

Edouard Geffray insiste : « Il faut faire entrer dans les esprits que le port d'une arme blanche est un délit. » Au-delà des contrôles, le ministère a pris la mesure de « l'enjeu collectif de lutte contre la violence ». Et pointe « une augmentation singulière des violences paroxystiques, une dérive à laquelle nous devons collectivement mettre un terme ».

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Un continuum famille-rue-école

Mais le phénomène n'est pas circonscrit à l'école, il s'inscrit dans un continuum « entre la famille, la rue et l'école », poursuit Edouard Geffray, qui appelle à mener « un travail éducatif pour faire retomber la tension, faire respecter l'autorité du professeur et faire intégrer qu'on ne touche pas à un professeur ». Un message à rappeler aussi aux parents d'élèves : dans le premier degré, 30 % des incidents graves sont de leur fait.

Santé mentale et écrans en cause

Pour le ministre, le sujet des violences scolaires ne doit pas non plus être dissocié des problématiques de santé mentale chez les jeunes. « Les réseaux sociaux font partie du problème, la consommation massive d'écran induit une déréalisation de la violence qui facilite le passage à l'acte. » Les chiffres sont éloquents : « au cours de sa scolarité entre 11 et 20 ans, un jeune sur trois traverse des troubles anxio-dépressifs », un pourcentage étroitement corrélé au temps passé sur les écrans. « 60 % des jeunes qui passent plus de 6 heures par jour sur les écrans ont des troubles mentaux », poursuit-il, appelant à améliorer le repérage de ces troubles.

Création de postes de personnels de santé

Du côté des moyens déployés en ce sens, il annonce avoir « réamorcé la pompe de création de postes d'infirmières, d'assistantes sociales et de psychologues » avec « 300 postes créés dans le projet de loi de finance. Cela représente quasiment une augmentation de 50 % de recrutement au concours ».

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