Les jeunes de 18-30 ans cherchent la stabilité dans le couple face aux incertitudes du monde
Contrairement aux stéréotypes qui les dépeignent comme rebelles ou non conventionnels, les jeunes adultes de 18 à 30 ans aspirent massivement à une vie de couple bien rangée. C'est ce que révèle la dernière étude #MOIJEUNE pour 20 Minutes - Opinion Way*, publiée à l'occasion de la Saint-Valentin. Les résultats montrent que 80% des jeunes estiment que la vie de couple correspond à un idéal de vie, un chiffre en augmentation significative de 9 points par rapport à l'enquête menée en 2025 auprès de la même tranche d'âge.
Le couple comme refuge émotionnel dans un contexte anxiogène
L'insécurité croissante, les inquiétudes environnementales et la polarisation sociale semblent pousser les jeunes vers des valeurs traditionnelles. Aurore Malet-Karas, docteure en neurosciences et sexologue, explique cette tendance : « Face au stress, les gens se dirigent vers ce qu'ils connaissent. Le couple, la tradition, ce sont des choses connues, qui rassurent. Les jeunes de la Gen Z sont très pragmatiques. Beaucoup considèrent un retour aux valeurs un peu plus traditionnelles ». Cet idéal est particulièrement marqué chez les 18-24 ans, où 87% le partagent, contre 74% chez les 25-30 ans.
Une ouverture paradoxale des modèles relationnels
Malgré cette aspiration à la stabilité, l'étude note une diversification des formes de couple. Aujourd'hui, 9% des jeunes déclarent être en relation libre, soit une hausse spectaculaire de 7 points en un an, avec une répartition quasi équivalente entre les femmes et les hommes. Côté orientation sexuelle, les lignes bougent également : un tiers des jeunes (34%) se définissent autrement qu'hétérosexuels, dont 12% comme bisexuels, 9% comme homosexuels et 6% comme hétéro-curieux. Cependant, les normes traditionnelles persistent, puisque 66% des jeunes s'identifient comme hétérosexuels.
L'intelligence artificielle s'invite dans la vie amoureuse
L'étude met également en lumière l'impact croissant des technologies dans les relations. 42% des jeunes affirment avoir déjà utilisé l'intelligence artificielle dans leur vie amoureuse, notamment pour obtenir des conseils émotionnels, trouver des idées d'activités ou rédiger des messages délicats. Cette pratique est plus répandue chez les femmes que chez les hommes. Anaïs Roux, psychologue spécialisée en neurosciences, souligne les avantages potentiels : « L'IA peut être utile pour aider une personne à développer un mode de communication non violent ».
Mais elle met en garde contre les risques : « Attention à ne pas vivre avec l'IA comme dans un “trouple”, car la relation de couple relève de la sphère privée. Là où l'IA va chercher à unifier les sentiments, à généraliser et universaliser des choses, et donc peut-être aussi promouvoir des modèles qui ne leur ressemblent pas ». Cette intrusion technologique questionne l'authenticité des échanges et la préservation de l'intimité dans les relations modernes.
* Étude #MoiJeune « 20 Minutes » – OpinionWay, réalisée en ligne du 29 janvier au 4 février 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 402 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).



