Les nouvelles pratiques sportives zen : Feldenkrais, Pilates et yoga réinventent le bien-être corporel
Prendre soin de son corps, travailler les muscles profonds, réveiller ses chakras. Les nouvelles pratiques branchées d’activité physique ressemblent à des séances de kiné, elles nécessitent concentration, respiration et coordination. Même au fin fond de la Chalosse dans les Landes, alors qu’on ne trouve plus de toubib, il y a toujours un prof de yoga ou de Pilates qui se pose là. Sur un tapis, à vous accueillir avec des « namasté » sucrés et des effluves d’aiguilles de pin séchées.
La méthode Feldenkrais : réapprendre à bouger en conscience
D’autres méthodes tout aussi zen ont fait leur apparition, et connaissent le même engouement. Jean Artzel anime des stages de Feldenkrais à Onard, en Chalosse. On y vient de loin pour se réapproprier son corps et le remettre dans le bon sens de la marche. À croire que nous avons tous besoin d’un mode d’emploi pour profiter de notre carcasse sans nous blesser et en trouvant un peu de plaisir à bouger.
Les méthodes se multiplient qui toutes, proposent de se sentir mieux, plus vivant, moins maladroit et sans doute davantage ancré dans le vrai monde. Donc à Onard, Jean Artzel enseigne la méthode Feldenkrais depuis un peu moins de dix ans et explique comment les mots ont bien du mal à décrire l’exercice. « C’est l’attention que l’on porte aux mouvements, j’indique des mouvements simples ou surprenants, mais chaque élève doit se concentrer afin de sentir, comment il organise son corps pour réaliser son mouvement. Une prise de conscience du geste. La méthode s’adresse aussi bien au corps, qu’à l’émotion ou au psychisme puisqu’on essaie de trouver un endroit où l’on est tranquille avec soi. »
Restaurer l’équilibre corps-esprit, donc. « À l’origine, Moshe Feldenkrais, né en 1904, s’est inspiré de l’apprentissage naturel des petits enfants, en les regardant bouger. Pourquoi est-on capable de se mouvoir de mieux en mieux en début de vie, sans effort ? Peut-on réveiller cette capacité et réapprendre à faire mieux. » Les danseurs, les artistes, les kinés, les chorégraphes se sont approprié de la méthode quasi-thérapeutique, qui s’adapte à tous les âges de la vie, toutes conditions physiques et permet de conserver un équilibre corporel longtemps.
Le Pilates : à la recherche des muscles profonds
Lisa America a monté il y a un peu plus de dix ans, un cours de Pilates à Bègles (33), où se pressent des hommes et des femmes, désireux de retrouver une aisance dans leur vie quotidienne, une structure corporelle fiable. Joseph Pilates, était un athlète allemand de haut niveau, né en 1883, il est l’inventeur d’une autre méthode d’exercices physiques, qu’il appelait Contrology, et dont le but était de rectifier les mauvaises postures et développer le corps avec harmonie. Il faisait travailler des danseurs professionnels blessés aux États-Unis.
« Je suis née à Boston où j’étais danseuse professionnelle, installée en France depuis vingt-cinq ans, j’ai découvert cette méthode, suivi des formations et je l’enseigne, j’apprends à mes élèves la précision du mouvement, la respiration, et l’approche des muscles profonds qui ne se voient pas, mais structurent notre corps. Comme c’est abstrait, je trouve des images pour permettre à chacun de comprendre son mouvement, savoir de quel muscle on parle. » Rien de spirituel là-dedans, à l’encontre du yoga notamment. Lisa, pour faire avancer son cours, associe quelques mouvements Feldenkrais ou Gasquet.
Cathy, 58 ans, pratique le Pilates depuis plusieurs années, avec elle : « J’ai vu évoluer ma capacité à tenir les postures, et dans la vie quotidienne, je me tiens mieux, j’ai moins mal au dos. Lisa m’a aidée à repérer ma cyphose dorsale, et j’arrive à me corriger seule. Toujours pas de tablettes de chocolat sur les abdos, mais un périnée solide et une sensation de détente incroyable à la fin du cours. »
Le yoga : une diversification pour tous les goûts
Bernadette de Gasquet a des abdos en béton, un qualificatif qu’elle détesterait d’ailleurs. Cette médecin et professeur de yoga a inventé sa propre méthode, qu’elle a commencée par appliquer aux femmes enceintes, et à leur périnée. Puis, sa pratique a fait des émules, elle a monté un institut à Paris, assure des formations et a écrit une quinzaine de bouquins. Son approche posturo-respiratoire n’est pas très éloignée du Pilates, ni du yoga forcément, elle respecte la biomécanique corporelle, et s’intéresse plus particulièrement au corps des femmes.
Quant au yoga, il a ses adeptes, nombreux, et se diversifie, se démocratise. Tout le monde fait du yoga à moment donné dans sa vie, avec son petit tapis roulé sous le bras. Outre le traditionnel hatha yoga, on peut désormais choisir le ashtanga yoga qui demande plus de souffle et de pêche, l’intense power-yoga, le yin yoga pour les flemmards, le bikram yoga qui se pratique dans une pièce surchauffée, sans oublier le fly yoga pour s’envoyer en l’air. Décidément, plus rien à avoir avec le son « Ommmmm » décliné à toutes les sauces.



