À quelques mètres de la frontière italienne, les habitants de la promenade Reine-Astrid, à Menton, n'en peuvent plus. Excédés par la vitesse excessive des automobilistes et motards, le bruit et le camping sauvage, ils se considèrent comme les « oubliés de leur quartier ». Cette voie, pourtant bordée de palmiers et de plages, est devenue un véritable circuit de vitesse pour les milliers de frontaliers qui se rendent chaque jour en France ou à Monaco.
Une circulation dangereuse dès l'aube
« Ça commence très tôt le matin, de la frontière à la fontaine Hanbury, sur toute la ligne droite de la Promenade. Les conducteurs accélèrent à fond rendant la traversée devant nos habitations périlleuse ! », s'exclame Anne, une résidente. Isabelle et Didier, retraités installés depuis sept ans, aimeraient davantage de présence policière : « Il y a bien des contrôles, mais peu et plutôt en fin de journée. L'idéal serait entre 6 heures et 8 heures le matin, juste après la frontière et dans les deux sens. »
Des aménagements réclamés
Gilbert Amoretti, riverain de la résidence « Le Lido », propose de « faire de l'entrée en France un modèle de circulation apaisée, en réduisant la vitesse à 30 km/h au lieu de 50 et en aménageant un ralentisseur à mi-chemin entre la frontière et la fontaine Hanbury. Un panneau lumineux clignotant pourrait aussi dissuader les conducteurs d'aller vite. » Pendant plusieurs mois, la frontière basse était fermée pour travaux côté italien, et les riverains ont constaté une nette amélioration. Aujourd'hui, ils redoutent l'agrandissement d'un magasin à la frontière en supermarché, qui pourrait attirer encore plus de trafic.
Le fléau du camping sauvage
Outre la vitesse, les habitants déplorent la transformation du quartier en « camping sauvage » pour touristes et camping-caristes. « Ils se garent le long du trottoir, souvent devant nos sorties de garage, alors que nous payons notre macaron de stationnement à l'année. Quand il n'y avait pas la piste cyclable, les camping-cars se garaient au bord de mer, maintenant ils sont au pied de nos immeubles, alors que c'est interdit. Leur présence engendre incivilités, pollution, ordures jetées dans nos jardins », raconte Anne. Une pétition a recueilli quelque 400 signatures.
Un sentiment d'abandon
« Nous sommes l'entrée de Menton, perle de la France, mais on se sent comme les sacrifiés de la ville, réduits à un no man's land », se navre Noëlle, qui regrette l'absence de décorations lumineuses pour les fêtes. Colette, elle, se réjouit des fleurs dans les massifs grâce à l'intervention de la maire Alexandra Masson lors d'une réunion de quartier. La mairie de Menton précise que la vitesse ne peut être limitée à 30 km/h car il s'agit d'une voie départementale nécessitant des aménagements comme des dos d'âne. Un radar existe déjà entre la fontaine Hanbury et Maria Serena. « Plusieurs opérations de contrôles vont être menées par la police municipale en collaboration avec la police nationale entre le 5 et le 25 juillet sur toute la ville », indique le cabinet du maire. Quant aux camping-cars, la mairie a commencé à les verbaliser, ce qui a déjà suscité des plaintes et insultes.



