Biarritz : la maison d'enfants Saint-Vincent-de-Paul fête son centenaire
Centenaire de la maison d'enfants Saint-Vincent-de-Paul

La maison d'enfants Saint-Vincent-de-Paul, située rue Ambroise-Paré à Biarritz, a été inaugurée en 1923. En mai 2023, l'association gestionnaire a célébré son centenaire tout en présentant de nouveaux projets pour l'avenir.

Un siècle d'accueil et d'adaptation

Depuis cent ans, le jardin et les bâtiments situés au coin des rues Ambroise-Paré et Jules-Ferry accueillent des enfants et jeunes âgés de 4 à 21 ans. À l'origine, le lieu était un orphelinat, puis un foyer. Aujourd'hui, il est désigné administrativement comme une « maison d'enfants à caractère social », tandis que le nom « Saint-Vincent-de-Paul » rappelle l'œuvre de la congrégation des Filles de la Charité. La détresse des enfants placés et confiés par les services sociaux reste cependant la même. Actuellement, 75 jeunes sont suivis dans des unités de vie ou des groupes d'accueil et d'accompagnement modulables.

« La maison s'est adaptée au fil des décennies et elle le fera encore », explique Noël Touya, le directeur. Avec Marc Mainfonds, président de l'association gestionnaire, il a invité élus et personnalités liées à l'action sociale à ce centenaire. L'occasion de dresser un « bilan et perspectives » devant les conseillers départementaux et partenaires.

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Projet de rénovation et défis éducatifs

Sur le plan éducatif, la structure souhaite se renforcer pour mener des actions de remédiation scolaire. « Le taux d'échec scolaire est de 80 %. On a des enfants décrocheurs dès le primaire et seulement 6 % des enfants placés font des études supérieures », déplore le directeur. Pour inverser cette tendance, les responsables demandent des moyens supplémentaires et un taux d'encadrement plus important.

La dernière rénovation de l'édifice date de 1998. « Aujourd'hui, nous nous heurtons à l'obsolescence du modèle des unités de vie qui avaient été imaginées à l'époque », relève Noël Touya. « Nous avons établi un projet avec transfert d'une partie des enfants dans une autre partie des bâtiments. Autrement dit deux groupes de 11, dans des résidences distinctes, au lieu d'un seul collectif de 22 places. »

Un architecte a finalisé les plans, tandis que l'association a rédigé le projet correspondant, comprenant des volets éducatif et environnemental. Le montant estimé des travaux est de 3 millions d'euros. « Nous espérons qu'il sera réalisé dans les trois ou quatre ans », indique le directeur. Ce projet figure dans le plan pluriannuel d'investissements soumis aux financeurs potentiels.

Les sœurs de la Charité et l'histoire du lieu

Les sœurs de la Charité se sont installées à Biarritz en 1896 pour soigner les malades, recueillir les orphelins et former les jeunes filles. Elles ont ensuite sollicité des dons pour édifier un lieu dédié à leurs activités. Les sœurs Ducasse ont donné le terrain de la rue Ambroise-Paré, et la famille Pringle a permis l'édification d'une crèche, d'un ouvroir et d'un orphelinat. Le dispensaire, tenu par sœur Catherine, figure emblématique de Biarritz, a fonctionné jusque dans les années 1980. La laïcisation de l'action sociale a ensuite transféré l'ancien orphelinat à l'État puis au Département, devenant une maison d'enfants à caractère social. Les sœurs, reconnaissables à leur fameuse « cornette » blanche, étaient présentes jusqu'en 1992.

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