À 78 ans, Bernard a hébergé 150 couchsurfers à Antibes
À 78 ans, Bernard a hébergé 150 couchsurfers

Depuis 2005, Bernard Maldonado, un Antibois de 78 ans, a accueilli plus de 150 voyageurs du monde entier sur son canapé, une pratique qui lui a permis de visiter 99 pays et de tisser des amitiés durables, tout en combattant la solitude de la retraite. Tout a commencé par un article paru dans Nice-Matin en juillet 2005, qui l'a incité à s'inscrire sur la plateforme Couchsurfing, alors méconnue.

Une découverte fortuite et des débuts spartiates

Bernard Maldonado, alors agent d'escale à l'aéroport de Nice, est tombé par hasard sur un article intitulé « Des voyageurs dans votre chambre d'amis ». Ce texte décrivait le fonctionnement de Couchsurfing, un site créé par l'Américain Casey Fenton, dont le principe est d'échanger un hébergement gratuit chez l'habitant. Séduit par l'idée, Bernard a effectué sa première expérience en novembre 2005 à Taïwan, où un peintre l'a hébergé dans son atelier, dans des conditions qu'il qualifie avec le sourire de « spartiates » : forte odeur de peinture et chaleur insupportable.

Malgré ces débuts difficiles, il a poursuivi l'aventure et, de retour en France, a décidé de jouer le jeu de la réciprocité en accueillant des voyageurs à Antibes. À cette époque, les hôtels étaient chers et Airbnb n'existait pas encore, ce qui a généré de nombreuses demandes. Le premier voyageur qu'il a reçu était un musicien américain venu pour le Midem, avec qui le courant est immédiatement passé.

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Un réseau mondial et des amitiés indéfectibles

Grâce à Couchsurfing, Bernard a visité une centaine de pays, profitant de ses jours de repos pour découvrir des capitales européennes comme Budapest, Stockholm ou Helsinki. Son ouverture d'esprit lui a valu un accueil chaleureux partout, notamment à Mangalore, en Inde, où la famille Pinto l'a hébergé dans une demeure d'exception, un « petit palais » connu de tous les chauffeurs de taxi locaux. Ce séjour s'est conclu par une invitation impromptue à un mariage indien, avec jardin en pyramide, buffet somptueux et feu d'artifice.

Au-delà des nuits d'étape, Bernard a tissé des liens durables, gardant contact avec une cinquantaine d'anciens hôtes ou voyageurs. Parmi eux, Marco, rencontré à Prague, qui l'a invité à son mariage après avoir été hébergé à Antibes. Une autre amitié remarquable dure depuis 17 ans avec un jeune homme de Tirana, en Albanie, rencontré en 2005. Leurs retrouvailles se sont multipliées, et en mai dernier, le couple albanais est revenu avec leur petit garçon de cinq mois.

La sécurité par les avis et un remède à la solitude

En vingt ans, Bernard assure n'avoir jamais eu de mauvaise expérience. Son secret : rédiger des messages personnalisés et consulter méticuleusement les références des membres, qu'il compare à un CV. Il conseille de privilégier les profils bien renseignés avec photo. Sa maison s'est remplie de souvenirs, comme des badges, des porte-clés d'avant les JO de Pékin, ou une cigogne en plumes de Riga.

Pour ce retraité, Couchsurfing est un véritable « sauvetage » contre la solitude. « Tu te retrouves coupé de tout », confie-t-il, évoquant la perte de contact avec ses anciens collègues. Plutôt que de rejoindre un club de personnes âgées pour jouer aux cartes, il a fait de l'accueil des voyageurs son élixir de jeunesse : « Quand j'ai des couchsurfers, ça me fait revivre. »

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