Ce 1er mai, à Bordeaux, la traditionnelle manifestation de l'intersyndicale a rassemblé 8 000 personnes selon les syndicats, et 2 050 selon la préfecture. Le défilé s'est déroulé dans un contexte particulier, marqué par un récent débat sur l'ouverture des commerces lors de ce jour férié et chômé. Les participants, partis de la place de la République, ont exprimé leur opposition à toute remise en cause de ce symbole du monde ouvrier.
Un contexte tendu
La proposition de loi visant à faciliter l'ouverture de certains commerces le 1er mai a suscité une vive opposition. Bien que repoussée, elle prévoit des exceptions pour les fleuristes et les boulangers. Les manifestants, bien que moins nombreux que l'année précédente (10 000 selon les syndicats en 2024), ont réaffirmé leur attachement à ce jour de lutte.
Témoignages de manifestants
Jean-Louis Séré, ancien restaurateur à la retraite, déclare : « C'est un acquis du monde ouvrier, symboliquement obtenu dans la lutte. Je comprends que certaines personnes aient besoin de travailler, mais si on accepte cela, on ouvre la porte à d'autres mesures. » Maïté Navarro, retraitée de l'enseignement, ajoute : « Il y a une forme d'hypocrisie lorsque l'on dit que c'est sur la base du volontariat. Il y a un rapport de force entre l'employé et l'employeur. »
Marie Lamic, agente EDF de 53 ans, estime que « on peut se passer de pain un jour dans l'année ». Pierre Ledoux, chargé de mission et cosecrétaire national des jeunes de l'Après, souligne : « On a besoin de cette journée, ce n'est pas une journée comme les autres. Il faut plus apprendre l'histoire du 1er mai et en profiter pour créer des échanges entre employeurs et employés. »
Un chiffre en baisse
La baisse de participation, attribuée à un « effet pont » (le 1er mai tombant un vendredi), n'a pas entamé la détermination des manifestants. Le traditionnel muguet était vendu durant le cortège, rappelant les origines de cette fête des travailleurs.



