Alona Biloshytska, réfugiée ukrainienne à Béziers, soigne les blessures psychologiques de l'exil
Une psychologue ukrainienne soutient les réfugiés à Béziers

Une psychologue ukrainienne transforme son exil en engagement solidaire à Béziers

Alona Biloshytska, réfugiée ukrainienne de 36 ans installée dans la région de Béziers depuis le printemps 2022, a choisi de consacrer son énergie à soutenir psychologiquement ses compatriotes exilés. Arrivée en France avec sa fille et presque rien d'autre que quelques vêtements et 200 euros, cette professionnelle de la psychologie a rapidement constaté les difficultés rencontrées par la communauté ukrainienne locale.

De la fuite à l'engagement humanitaire

Quand elle a fui l'Ukraine au début du conflit, Alona Biloshytska avait déjà une solide expérience dans le domaine psychologique. Après neuf années dans le commerce, notamment chez Zara où elle encadrait des équipes, elle avait obtenu un master en psychologie et animait des formations pour professionnels. « Quand je suis arrivée, tout le monde me demandait si j'avais besoin d'aide. Mais moi, j'ai toujours répondu que je voulais aider les autres », confie-t-elle avec émotion.

L'isolement des réfugiés ukrainiens

La psychologue a rapidement identifié les principaux défis auxquels font face les Ukrainiens installés dans l'Hérault :

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  • La barrière linguistique qui limite les interactions sociales
  • La difficulté à reconstruire une vie professionnelle en France
  • L'inquiétude permanente pour les proches restés en Ukraine
  • L'isolement particulièrement marqué chez les femmes arrivées seules avec leurs enfants

« Elles ont parfois perdu des membres de leur famille, leur maison, leur travail. Mais surtout, elles sont isolées », explique Alona Biloshytska. « Quand on est dans son pays, on peut partager sa douleur avec ses amis ou sa famille. Ici, on ne parle pas la langue, on ne connaît personne. Les gens gardent tout pour eux ».

Des groupes de parole pour rompre la solitude

Face à ce constat, la psychologue a proposé à l'association Ukraine Ridna-Béziers d'organiser des séances de soutien gratuites. Depuis, elle anime régulièrement des groupes de parole à la Maison de la vie associative Daniel-Cordier, environ une fois par mois, parfois davantage.

Ces rencontres prennent différentes formes :

  1. Discussions et partage d'expériences
  2. Exercices psychologiques adaptés
  3. Séances d'art-thérapie utilisant le dessin ou des images pour dépasser les barrières linguistiques

« Ce n'est pas seulement une thérapie, c'est aussi une rencontre. Les gens découvrent qu'ils ne sont pas seuls à ressentir la même chose », souligne-t-elle.

Un réseau de solidarité qui s'étend

Au-delà des rencontres physiques à Béziers, Alona Biloshytska a développé plusieurs initiatives complémentaires :

  • Des rencontres en ligne pour les Ukrainiens vivant plus loin, parfois jusqu'à Narbonne
  • Un groupe sur les réseaux sociaux pour maintenir le lien entre Ukrainiens installés dans différents pays
  • Une implication dans la vie locale comme bénévole lors d'événements sportifs ou associatifs

« Beaucoup de personnes me disent qu'elles retrouvent de l'énergie après ces rencontres », témoigne la psychologue, qui poursuit actuellement des formations en France pour obtenir des équivalences et exercer plus facilement dans le pays.

Un message d'espoir pour l'avenir

Malgré ses propres inquiétudes - ses parents et son frère vivent toujours en Ukraine - Alona Biloshytska continue de se projeter et de transmettre un message positif. « Quand nous sommes arrivées, beaucoup de Français nous ont aidées. Je veux montrer à ma fille que la vie peut être dure, mais qu'elle est aussi belle. Et que la meilleure chose à faire, c'est de partager ce que l'on peut avec les autres ».

Son initiative, née d'une volonté de transformer l'épreuve personnelle en action collective, est devenue un véritable espace de solidarité où les réfugiés ukrainiens peuvent trouver écoute, compréhension et soutien mutuel dans leur processus d'adaptation à leur nouvelle vie en France.

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