Trois étudiantes infirmières d'Alès s'envolent pour un projet solidaire au Vietnam
Portées par une envie d'aider et de découvrir autrement leur futur métier, trois étudiantes de l'Ifsi d'Alès dans le Gard s'envoleront le 16 mai pour cinq semaines en Asie du sud-est. Quand elles en parlent, difficile de ne pas être happé. Les regards s'illuminent et les sourires s'élargissent. L'impatience est palpable.
Un projet construit étape par étape
Le 16 mai, Laure Martinez, Suzanne Renaud et Loane Dijoux, trois étudiantes de l'Institut de formation en soins infirmiers d'Alès, partiront pour le sud du Vietnam, où elles resteront jusqu'au 19 juin. Le projet, elles l'ont bâti elles-mêmes, avec l'association AMS (Associations Missions Stages). Depuis septembre, elles avancent pas à pas, entre démarches administratives et organisation concrète. Mais surtout, elles s'investissent pleinement.
"On en parlait déjà l'année dernière", raconte Laure Martinez, 45 ans. "Et en septembre, on s'est lancées, on a contacté l'association." Très vite, une évidence s'impose : partir loin, hors de l'Europe. Pour voir autre chose. Pour apprendre autrement. "On voulait découvrir un autre système de soins, des maladies qu'on ne voit pas en France, d'autres pratiques", expliquent-elles.
Immersion en hôpital et actions bénévoles
La semaine, elles seront en immersion dans un hôpital situé à une trentaine de kilomètres de Hô-Chi-Minh Ville dans le sud du Vietnam. Elles y découvriront des conditions de travail différentes, parfois plus rudimentaires, et des pathologies, notamment infectieuses, bien plus présentes qu'en France. Mais leur démarche va bien au-delà d'un simple stage.
Les week-ends, elles interviendront bénévolement dans un orphelinat partenaire de l'association. Là-bas, elles apporteront des fournitures, mais aussi des vêtements et des jouets pour les enfants. "On voulait vraiment être avec une association qui avait un partenariat avec un orphelinat pour qu'on puisse aider aussi les enfants", confient-elles.
Des sacrifices et une cagnotte pour financer le projet
Derrière cet enthousiasme, il y a aussi une année de sacrifices. Pour financer leur départ, toutes les trois ont multiplié les heures de travail de nuit à l'hôpital, les week-ends, en parallèle de leurs études. "On a tout fait pour payer nos billets d'avion", disent-elles. Malgré cela, le budget reste lourd.
Une cagnotte a été lancée pour financer une partie du séjour et surtout pour acheter du matériel médical et des cadeaux destinés aux enfants de l'orphelinat. Le 27 mars, une semaine après son ouverture, cette cagnotte n'avait permis de récolter que 50 euros. "On compte sur les Gardois. Même un euro, ça peut faire la différence", lancent-elles.
Des défis à surmonter avec détermination
Et les défis ne manquent pas. La barrière de la langue, notamment, les inquiète. "Ça nous fait peur, c'est vrai. Mais on aura un traducteur sur place… et puis un sourire, un regard bienveillant, ça vaut plus que tout", assure Laure. Car si elles partent, c'est aussi pour se confronter à la réalité du terrain. "On sait que certaines situations seront difficiles, mais notre envie d'aider est plus forte que tout", expliquent-elles avec détermination.
Un trio soudé et complémentaire
Ce qui les rassure, c'est aussi leur trio. Elles se sont rencontrées en première année. Depuis, elles avancent ensemble. Différentes, mais complémentaires, elles forment un groupe soudé. "On s'est rencontrées en première année. On est complémentaires, on n'a pas le même âge, mais ça a été une évidence de partir toutes les trois." Pour Loane et Suzanne, Laure est un peu "la maman de la promo".
Toutes les trois partagent la même vocation, mais avec des projets différents : Suzanne, 20 ans, souhaite se spécialiser en oncologie pédiatrique, Loane, 18 ans, originaire de La Réunion, se projette aux urgences et Laure, 45 ans, envisage la pédiatrie ou la psychiatrie.
Une aventure humaine enrichissante
Au-delà du stage, c'est une véritable aventure humaine qui les attend. "On veut voir ce qui se passe ailleurs, apprendre, s'adapter et aider comme on peut", résument-elles. Cette expérience promet d'être formatrice, tant sur le plan professionnel que personnel, renforçant leur engagement dans le domaine de la santé et de la solidarité internationale.



