Repair Café d'Antibes : quand la réparation devient un acte social et écologique
Dans l'ouest des Alpes-Maritimes, les Repair cafés se multiplient avec une mission simple mais essentielle : prolonger la durée de vie des appareils du quotidien plutôt que de les jeter. Ce samedi à Antibes, dans la salle de l'îlot Croix-Rouge, l'atelier affiche une nouvelle fois complet, témoignant du succès grandissant de cette initiative venue des Pays-Bas.
Un atelier qui brasse du monde
Tournevis, multimètres, fers à souder et une multitude de composants s'étalent sur les tables où une quinzaine de bénévoles - sur environ quarante-cinq adhérents - s'affairent. Les visiteurs entrent et sortent « comme dans un moulin », appareils électroménagers, ordinateurs ou machines à café sous le bras. « Le Repair café de Sophia était le deuxième à s'ouvrir en France », précise André, 71 ans, bénévole expérimenté.
Le principe est accessible : chacun vient avec son objet cassé, remplit une fiche d'informations, et trouve son « dépanneur » attitré. Mais Caroline, qui accueille les participants, insiste : « Nous avons aussi un rôle social, nous faisons le lien. Nous n'avons pas qu'un rôle de réparation, nous essayons de discuter. »
Réparer plutôt que jeter : une philosophie partagée
À chaque table, visiteurs et bricoleurs - reconnaissables à leurs tee-shirts bleus floqués au nom de l'association - cherchent ensemble l'origine des pannes. Les machines à café sont testées, certaines par leur simple bruit de fonctionnement déclenchent des sourires, d'autres des déceptions.
Élisabeth, Antiboise d'adoption depuis six ans, est venue pour la deuxième fois avec son lecteur CD. « Il y a assez de déchets comme ça dehors. D'ailleurs, je reviendrai car j'ai un disque dur externe qui ne marche plus... Toutes mes photos sont dedans », confie-t-elle, les yeux rivés sur les gestes précis d'André.
Un échange de savoirs précieux
Pascale, qui a découvert les Repair cafés dans le Nord de la France, apprécie particulièrement cet aspect : « Quand vous allez dans des grands magasins, c'est beaucoup plus cher. Ici, l'objectif est aussi de partager leur expérience. C'est participatif, c'est super. »
Chaque bénévole a sa spécialité. André maîtrise l'électronique et « éventuellement l'électricité ». « Je répare tout », affirme-t-il sans hésitation avant d'ajouter : « Nous essayons d'impliquer les gens. C'est un échange de savoir, nous expliquons. »
À ses côtés, Raymond, retraité depuis 2016 et membre de l'association depuis l'année suivante, répare le support cassé d'un aspirateur. « Je mets un peu de colle forte, un peu de bicarbonate, ça forme une pâte », montre-t-il à Martine, venue pour la première fois. « J'admire les gens qui bricolent... C'est Macgyver », sourit cette Antiboise de quarante ans.
Une initiative qui essaime dans la région
Pour les passionnés, les prochains ateliers sont déjà programmés : le 4 avril de 9h à 12h à Valbonne, au tiers lieu Quartier libre, puis le 11 avril de 14h à 17h à la salle Croix-Rouge à Antibes. Plusieurs Repair cafés sont désormais actifs dans les Alpes-Maritimes :
- Antibes Sophia Antipolis avec une antenne à Valbonne
- Pays de Grasse (prochain atelier le 18 avril)
- Cannes Lérins avec antenne à Mougins
- Roquefort-les-Pins
- Biot
- Peymeinade (atelier chaque dernier samedi du mois)
Cette dynamique régionale témoigne d'une prise de conscience croissante : réparer plutôt que jeter n'est pas seulement un geste écologique, mais aussi un acte social qui crée du lien entre générations et savoir-faire.



