Une mobilisation citoyenne pour le retour des chiens sur les plages basques
À Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, dans les Pyrénées-Atlantiques, l'interdiction faite aux chiens de fréquenter les plages suscite une vive contestation parmi les habitants. Mécontents de cette mesure, un collectif d'une dizaine de personnes a lancé une pétition en ligne pour réclamer le retour des canidés sur le sable pendant les périodes hors saison. Disponible sur la plateforme mesopinions.com, cette initiative a déjà recueilli près de 8 000 signatures, témoignant d'un mécontentement largement partagé.
Des manifestations canines pour protester contre l'interdiction
Sur la plage de Socoa, à Ciboure, des scènes de désobéissance civile se multiplient. Ce mercredi 11 février, des cris d'allégresse et des aboiements joyeux ont résonné alors que des chiens couraient en liberté, malgré un panneau indiquant clairement l'interdiction. Rapidement, la police est intervenue pour demander aux propriétaires de regagner la promenade. Loin d'être surpris, les maîtres ont revendiqué cette action comme une « manifestation » canine, symbolisant leur désaccord avec la réglementation en vigueur.
Ces événements ne sont pas isolés. Régulièrement, des policiers effectuent des rondes sur les plages des deux communes pour faire respecter la règle, mais certains promeneurs continuent de s'y rendre en signe de protestation. Pour Sylvie Barrans, propriétaire d'un chien et signataire de la pétition, cette interdiction est incompréhensible hors saison : « En dehors de l'été, les plages sont presque désertes, surtout à Ciboure. Nous demandons simplement un peu de compréhension pour accepter qu'on se promène avec notre chien durant les six mois de l'année où il n'y a personne sur le sable. »
Les arguments des défenseurs des chiens : propreté et lien social
Face à l'argument souvent avancé des déjections canines pour justifier l'interdiction, les membres du collectif se défendent. Ils assurent que les promeneurs se comportent en citoyens responsables, munis de sacs pour ramasser les déchets. Sylvie Barrans souligne : « Les citoyens ne sont pas des enfants et savent respecter les plages. Beaucoup ramassent aussi les ordures jetées par les humains ou amenées par la marée. » Selon elle, les plages en hiver sont exemptes de déchets organiques, grâce à cette attitude civique.
Au-delà de la question de la propreté, le collectif dénonce une mesure qui prive les habitants d'un lien social précieux. « Les Villes de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz dépensent beaucoup d'argent pour les retraités, mais ici nous avons un lien social originel et gratuit. Beaucoup de personnes se sont rencontrées grâce à leurs chiens, en se promenant, et aujourd'hui, elles sont amies. C'est particulièrement important pour les personnes âgées ou les jeunes couples. » Pour eux, la plage est un lieu unique où se crée une véritable convivialité, contrairement aux espaces urbains où les interactions sont plus limitées.
Un dialogue difficile avec les autorités locales
Le collectif a tenté d'engager un dialogue avec les mairies. Il y a plusieurs années, une rencontre avait eu lieu avec le maire de Ciboure, Eneko Aldana-Douat, peu après le début de son mandat. Les habitants avaient proposé des campagnes de sensibilisation, avec des affiches humoristiques et des sacs mis à disposition, pour encourager les bonnes pratiques. « On voulait que les Villes fassent des campagnes en disant : 'On aime bien votre chien, mais ramassez ses crottes'. Malheureusement, la proposition a été déclinée », regrette le collectif.
Aujourd'hui, la pétition vise aussi à interpeller les candidats aux élections municipales du mois prochain. Les frondeurs espèrent que ces derniers s'empareront du sujet en proposant davantage de tolérance pour les chiens hors saison. Pour les propriétaires, cette question est essentielle : « Énormément de gens ont un chien et pour eux, c'est un déchirement de voir sa liberté réduite. Voir son chien courir sur le sable est un plaisir irremplaçable. Il y a des études qui prouvent les bienfaits pour la santé offerts par un animal domestique. C'est un véritable membre de la famille. »
Les prochaines semaines, à l'approche des élections, diront si cette thématique animale s'invitera dans le débat politique local. En attendant, la mobilisation citoyenne continue de grandir, portée par un désir de concilier respect de l'environnement et bien-être animal.



