Passation de pouvoir à l'Apesa des Landes pour le soutien psychologique des entrepreneurs
L'Association pour l'Écoute et le Soutien des Patrons en Souffrance Aiguë (Apesa) des Landes vient de connaître une transition en douceur à sa tête. Neuf ans après avoir ouvert son antenne départementale, Véronique Receveau a transmis la présidence à Yves Loubère, son vice-président, lors de l'assemblée générale de mars 2026.
Un nouveau président expérimenté au service des chefs d'entreprise
Yves Loubère, patron de deux magasins d'ameublement à Saint-Paul-lès-Dax, s'est engagé pour trois ans à la tête de l'association. « Après avoir donné un coup de main à Véronique ces dernières années », explique-t-il, il a constitué un bureau composé d'autres chefs d'entreprise – Jean-Philippe Lacoussade, Antoine Scrive, Marie-Carmen Lavielle – et d'une avocate, Me Olivia Gadois.
Âgé de 62 ans, ce Montois d'origine s'installe professionnellement dans l'agglomération dacquoise depuis 1987. Il a développé ses surfaces commerciales de 2 500 à 4 200 mètres carrés, tout en investissant dans 1 000 mètres carrés supplémentaires pour diffuser des produits d'ameublement.
Son expérience au service des entrepreneurs n'est pas nouvelle : ancien juge-commissaire au tribunal de commerce de Dax où il présidait la chambre des contentieux, il a également « connu les trois derniers présidents » de la Chambre de commerce et d'industrie des Landes où il fut élu.
L'importance cruciale des sentinelles pour détecter la souffrance
« Dans l'entreprise, on parle souvent de personne morale… Mais rarement de personnes physiques. Ce sont des femmes et des hommes qui font des sacrifices pour réussir à faire vivre leur entreprise et leurs employés », souligne le nouveau président de l'Apesa.
Il déplore la tendance des chefs d'entreprise à s'isoler face aux difficultés : « Quand un chef d'entreprise a une difficulté, économique ou personnelle, il a tendance à s'oublier, à ressentir de la culpabilité, à n'en parler à personne et surtout pas à son cercle professionnel. »
C'est précisément pour rompre cet isolement que l'Apesa forme des « sentinelles » – 228 actuellement dans les Landes, dont 40 formées ces deux dernières années – capables de détecter les dirigeants en perdition. « Ils sont là pour tendre la main à des personnes qui souhaitent être aidées », précise Yves Loubère.
Des chiffres qui révèlent une souffrance croissante
L'activité de l'association montre une augmentation constante des besoins :
- 55 fiches alertes traitées en 2025 (contre 45 en 2024 et 32 en 2023)
- 249 alertes enregistrées en neuf ans d'activité
- 60% des entrepreneurs soutenus ont entre 41 et 59 ans
- La proportion de femmes est passée de 28% en 2023 à 48% en 2025
- 28 psychologues partenaires interviennent auprès des entrepreneurs
Les troubles dépressifs et l'épuisement professionnel dominent les motifs d'alerte, plus que les idées noires ou suicidaires. Le secteur du commerce et de la vente semble le plus touché (39%), suivi de la construction et du bâtiment (24%) et de l'hôtellerie-restauration (11%).
Une procédure anonyme et des consultations gratuites
Le dispositif mis en place par l'Apesa garantit la confidentialité : « La procédure est totalement anonymisée, avec une fiche alerte transmise au groupe Harmonie mutuelle. Moins d'une heure après, l'entrepreneur en souffrance est rappelé de façon confidentielle par un psychologue coordinateur. »
Les professionnels de santé mentale partenaires de l'association proposent ensuite cinq consultations gratuites financées par l'Apesa, permettant aux entrepreneurs d'exprimer leur mal-être sans contrainte financière.
Les ambitions du nouveau bureau
Yves Loubère fixe plusieurs priorités pour son mandat :
- Renforcer le maillage territorial en formant de nouvelles sentinelles dans le nord et l'est du département, ainsi qu'à la frontière avec le Pays basque
- Trouver « des ambassadeurs par ville » pour améliorer la visibilité de l'association
- Sensibiliser les entrepreneurs à l'importance de se signaler dès les premiers « signaux faibles » de souffrance
- Bénéficier du soutien des divers organismes économiques et sociaux implantés dans les Landes
« Être au contact des autres permet de s'enrichir. Quand on est chef d'entreprise, il n'y a rien de pire que d'être dans l'isolement », conclut le président, déterminé à faire de l'Apesa des Landes un rempart contre la solitude des entrepreneurs.



