Une mobilisation symbolique pour dénoncer l'asphyxie des associations sociales
Une soixantaine de personnes se sont rassemblées samedi 28 février à 10 heures sur le parvis de la mairie de Bayonne, répondant à l'appel du collectif 64-40 « 1901, ça ne tient plus ». Cette manifestation clôturait une semaine d'actions visant à alerter sur les conséquences dramatiques de la baisse des subventions de l'État pour les associations sociales.
Des structures au bord de la rupture
« Dans notre fonctionnement, tout devient difficile, nos salariés en pâtissent », déplore avec émotion Erika Casès, coprésidente du centre social Dou Boucaou à Boucau. Elle explique : « Nous avons toujours les mêmes missions mais avec des coupes budgétaires qui n'étaient pas prévues. Aujourd'hui, on est en train de tirer sur la corde. »
Les conséquences sont déjà tangibles : « On doit se séparer de biens, comme un minibus qu'on revend. Pour le moment, ça reste de la technique. Mais il est hors de question de dégrader notre fonctionnement », insiste la responsable associative.
Une mise en scène poignante
Les manifestants ont porté sur leur dos des cercueils en carton, symbolisant la menace qui pèse sur les valeurs fondamentales portées par les associations. Sur l'un de ces cercueils, on pouvait lire : « Nous pouvons perdre des clés, notre téléphone, un bijou mais nous ne pouvons pas perdre : le vivre ensemble, le lien social, la mixité des publics, les familles, les jeunes, les seniors, notre dignité, la culture. »
Une banderole résumait l'essence du combat : « Les liens associatifs se tissent à plusieurs : ne coupez pas les fils ». Ce message fort rappelle que le tissu social se construit collectivement et que sa fragilisation affecte l'ensemble de la communauté.
Un appel à la prise de conscience
Cette mobilisation, bien que modeste en nombre, traduit une inquiétude profonde dans le secteur associatif. Les structures sociales, déjà mises à rude épreuve par les crises successives, voient leurs moyens d'action se réduire comme peau de chagrin alors que les besoins sociaux ne cessent de croître.
Le centre social Dou Boucaou, comme de nombreuses autres associations, fait face à un dilemme cornélien : maintenir la qualité de ses services avec des ressources en constante diminution. « Dans notre fonctionnement, tout devient difficile », répète Erika Casès, soulignant l'urgence de la situation.
Cette manifestation bayonnaise s'inscrit dans un mouvement plus large de préoccupation concernant l'avenir du modèle associatif français, pilier historique de la cohésion sociale et de la solidarité nationale.



