Bordeaux : une marche pour l'Ukraine face à la banalisation du conflit
Marche pour l'Ukraine à Bordeaux contre la banalisation

Bordeaux se mobilise pour le quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine

Ce samedi 21 février, à partir de 14 heures, une marche est organisée à Bordeaux pour commémorer le quatrième anniversaire du conflit en Ukraine. Le rendez-vous est fixé au parvis des Droits de l'Homme, un lieu symbolique rebaptisé « Place de l'Ukraine » le 24 février 2023, exactement un an après le début de l'offensive russe. Les associations organisatrices – Ukraine Amitié, Pont de l'espoir, La Maison ukrainienne et Gradignan Ukraine Solidarité – espèrent une forte participation, malgré une certaine banalisation du conflit dans l'opinion publique.

Une mobilisation en baisse face à la désinformation

Les organisateurs notent une diminution de l'engagement depuis les premiers mois de la guerre. Svitlana Poix, présidente de La Maison ukrainienne, se souvient : « Nos dernières manifestations ont attiré environ 600 personnes, alors que celle qu'on avait organisée en mars 2022 avait rempli la place de la Bourse. » Cette baisse de participation ne reflète pas un désintérêt total, mais plutôt une méconnaissance croissante. Anna Tiazhkorob, d'Ukraine Amitié, explique : « On entend toujours beaucoup de discours pro-ukrainiens, mais comme beaucoup de Français ne suivent pas l'actualité, ils ont une vision fausse du conflit. »

Olena Tchoumatchenko, de La Maison ukrainienne, ajoute : « On nous demande si la guerre a toujours lieu, pourquoi on ne veut pas céder nos territoires, si c'est vrai qu'on est des nazis… On s'aperçoit que la propagande russe pénètre peu à peu les esprits. » Cette désinformation contribue à une normalisation du conflit, malgré la persistance de messages de solidarité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La précarité des réfugiés ukrainiens en Gironde

La Gironde accueille environ 2 000 Ukrainiens, selon les dernières estimations des associations. Cependant, leur situation reste souvent précaire. Svitlana Poix souligne les difficultés administratives : « On leur refuse souvent la protection subsidiaire. L'État pousse les Ukrainiens à demander l'asile, mais quand ils l'obtiennent, ils ne peuvent plus rentrer chez eux. » Cette précarité affecte également l'accès au logement et à l'emploi.

Les compétences des réfugiés ne sont pas toujours reconnues, comme l'illustre le cas d'une urologue ukrainienne citée par Olena Tchoumatchenko : « Elle parle bien français et était prête à travailler en zone rurale, là où les médecins français ne veulent généralement pas aller. Mais ses diplômes ne sont pas reconnus. Tout ce qu'on lui a proposé, c'est un poste d'infirmière dans une maison de retraite. Elle a fini par partir aux États-Unis. »

Un appel à la persévérance

Oleksandra Bertin, présidente d'Ukraine Amitié, résume l'évolution du regard sur l'Ukraine : « En 2022, des Français allaient chercher des réfugiés qui fuyaient les zones de combat, ils acheminaient de l'aide sur place. Aujourd'hui, tout ça n'existe plus. Mais les messages de solidarité sont toujours là. » Elle insiste sur l'importance de ne pas relâcher les efforts : « Ce conflit va se jouer dans la durée. On ne doit pas baisser les bras. Ce qui se passe en Ukraine concerne toute l'Europe. »

Les organisatrices – Olena Tchoumatchenko, Svitlana Poix, Oleksandra Bertin et Anna Tiazhkorob – seront présentes ce samedi pour rappeler que la guerre continue et que le soutien reste nécessaire, tant sur le plan humanitaire que politique.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale