L’association Les Amis de la forêt a remis au goût du jour la tradition de la maïade pour célébrer la réélection du maire de la commune en érigeant un pin décoré de 15 mètres. Cette tradition médiévale, qui consistait à planter un bouleau décoré dans la nuit du 30 avril au 1er mai en l’honneur du seigneur, a ensuite mêlé rites saisonniers et sociabilité villageoise. Le mot « maïade » vient de « mai », et cette coutume a perduré en dressant un arbre ou un mât décoré pour saluer le retour du printemps, la fertilité des terres, les élus locaux, les mariés ou certaines personnalités du village. Dans le Sud-Ouest, les jeunes hommes coupaient un bouleau et le dressaient sur la place du village ou devant la maison de la personne honorée.
Une tradition presque disparue
Aujourd’hui, cette coutume a presque disparu. Pourtant, maintenir une tradition, c’est continuer à transmettre une manière d’habiter le territoire, avec ses gestes, ses récits, ses fêtes et sa mémoire collective. Apprenant la réélection du maire Bruno Lafon, les membres des Amis de la forêt de Roaillan, une association qui sauvegarde le patrimoine rural et les traditions anciennes, et qui participe habituellement à la Fête de la ruralité de Biganos avec sa scierie mobile à vapeur, ont souhaité lui offrir l’installation d’un « mai ».
Préparation secrète et cérémonie
Fin avril, ils ont choisi un jeune pin de 15 mètres sur une parcelle appropriée et, à l’insu du maire, l’ont préparé et décoré de cinq anneaux symbolisant ses élections : adjoint en 2001, puis ses quatre mandats de maire en 2008, 2014, 2020 et 2026. Le 1er mai, lors d’une journée festive chez l’élu, ils ont dressé l’arbre selon la tradition : avec des cordes, un homme au pied, sans aucun engin mécanique, et une échelle en bois soutenant le pin et avançant petit à petit. Lentement, devant les invités, l’arbre a pris sa place.
Musique et danse
Au son des fifres et tambours de la Ripataoulère de Gans, la ronde des invités a dansé, entourant les deux hommes qui tournaient à contresens l’un de l’autre pour défaire les cordes ayant servi au levage du pin, celles-ci finissant par tomber au sol. La cérémonie s’est terminée autour d’un repas champêtre, dans cet esprit de convivialité des maïades d’autrefois.



