Municipales à Lyon : les associations sous le feu des accusations politiques
Alors que la campagne pour les élections municipales s'intensifie, un conflit éclate à Lyon entre le candidat Jean-Michel Aulas et deux associations locales. Cet incident met en lumière les pressions croissantes exercées sur le monde associatif pour qu'il reste neutre politiquement, comme le révèle un récent rapport.
Des accusations graves de détournement de fonds
L'équipe de campagne de Jean-Michel Aulas, tête de liste Cœur Lyonnais, a publiquement accusé les associations Action Justice Climat Lyon (anciennement Alternatiba Rhône) et Locataires Ensemble d'avoir perçu des dizaines de milliers d'euros de subventions, qu'elles auraient ensuite détournés à des fins électorales illégales. Dans des déclarations virulentes, ces structures ont été qualifiées de caisse noire politique au service des exécutifs écologistes sortants de la mairie et de la métropole lyonnaise.
Les associations ripostent et menacent des poursuites
Face à ces attaques, les deux associations ont réagi fermement lundi 9 février, dénonçant des accusations graves, infondées et diffamatoires. Action Justice Climat Lyon a précisé avoir reçu seulement 9 000 euros de subventions municipales sur les trois dernières années, sur un budget annuel total de 100 000 euros. De son côté, Locataires Ensemble affirme n'avoir bénéficié d'aucune subvention publique. Nous étudions nos possibilités de riposte juridique, ont-elles averti, tout en mettant au défi la liste de M. Aulas de saisir la justice pour étayer ses allégations.
Un contexte de pression accrue sur la neutralité associative
Cette passe d'armes intervient dans un climat tendu, où les prises de position politiques des acteurs associatifs sont de moins en moins tolérées par les élus. L'Observatoire des libertés associatives a publié jeudi 12 février un rapport intitulé Neutraliser le monde associatif : enquête sur une injonction à la dépolitisation, qui souligne cette tendance inquiétante. Le cas lyonnais illustre ainsi les risques de criminalisation de l'engagement associatif en période électorale.
Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon, avait inauguré son quartier général de campagne le 25 novembre 2025, marquant le début d'une bataille municipale qui promet d'être âpre. Les répercussions de cette polémique sur le scrutin restent à observer, mais elle questionne déjà les limites de la liberté d'expression et d'action des associations dans le débat public.