L'Émeraude cible les 18-25 ans pour libérer la parole sur la santé mentale
L'association GEM L'Émeraude, située au 15 bis rue d'Avéjan à Alès, renforce son action en direction des jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans confrontés à des difficultés psychiques. Cette initiative vise à combler un manque criant dans les dispositifs de soutien, alors que les nouvelles générations subissent de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire et d'autres pressions sociales.
Une approche proactive pour toucher un public vulnérable
Face à une montée alarmante des troubles comme l'anxiété, le stress chronique, les addictions ou les idées suicidaires dans le Bassin alésien, l'Émeraude adopte une stratégie d'aller vers les jeunes. Céline Zerbib, coordinatrice de l'association, alerte sur la situation : "Nous faisons face à une montée inédite des troubles psychiques, liée à la précarité économique, aux injonctions sociales, à la surcharge numérique, et aux séquelles du Covid." Elle souligne également la difficulté pour les jeunes d'admettre leurs problèmes de santé.
Pour se faire connaître, l'association développe des partenariats locaux avec des établissements scolaires et des structures d'accueil, et utilise une communication non médicalisée via des affiches, des flyers, et désormais un compte Instagram. "On n'en avait pas", reconnaît Céline Zerbib, soulignant l'adaptation nécessaire pour atteindre ce public.
Des jeunes au service des jeunes pour faciliter les échanges
Elisha et Médina, deux jeunes femmes en service civique combiné, jouent un rôle clé dans ce projet. Elles estiment que leur âge constitue un atout pour créer un climat de confiance. "Parfois, c'est dur de parler avec des adultes, mais 'entre jeunes', on se comprend mieux. Ça aide à créer, et la parole se libère plus facilement", expliquent-elles. Leur implication vise à rendre le GEM plus accessible et à impliquer directement les jeunes dans la présentation de l'association.
Un espace d'entraide et d'autogestion, non médicalisé
Le GEM L'Émeraude n'est pas une structure de prise en charge médicale, mais un lieu de rencontre et d'activités basé sur l'adhésion libre et volontaire. Il fonctionne sur un principe d'entraide et d'autogestion, avec le soutien de salariés comme des coordinateurs et animateurs, et compte environ soixante adhérents. Les activités, sorties et temps d'échanges sont conçus collectivement pour recréer du lien social et améliorer le quotidien des personnes vivant avec une fragilité psychique.
Cette démarche s'inscrit dans un contexte où le moral des Français, particulièrement des jeunes, reste préoccupant, nécessitant des réponses innovantes et adaptées.