La Mouna Oranaise, un symbole de partage et de mémoire à Vendargues
Ce samedi 4 avril, à l'approche des fêtes de Pâques, l'association Les amis d'Afrique du Nord a organisé un rassemblement convivial réunissant une quarantaine d'adhérents à Vendargues, dans le département de l'Hérault. L'événement avait pour objectif principal de célébrer la dégustation de la traditionnelle mouna oranaise, accompagnée de son incontournable thé à la menthe fraîche.
Origines et significations culturelles de la mouna
La mouna, un gâteau riche et parfumé, trouve ses racines à Oran, en Algérie, où elle est arrivée via l'influence espagnole au XVIe siècle. Elle a ensuite été importée dans le sud de la France par les pieds-noirs lors de leur exode dans les années 1960. Cette pâtisserie revêt une importance particulière pour plusieurs communautés :
- Les juifs la consomment traditionnellement lors de Yom Kippour, le jour du jugement, symbolisant l'inscription au livre de la vie.
- Les pieds-noirs l'associent aux célébrations du printemps, marquant ainsi un lien avec leurs origines et leur histoire.
Un événement enrichi par des interventions mémorielles
En préambule à la dégustation, Jacques Darricarrère, capitaine d'infanterie à la retraite et porte-drapeau, a animé une conférence captivante. Il a détaillé les actions cruciales de la Croix-Rouge pendant la guerre d'Algérie et lors de l'exode des pieds-noirs vers la métropole, soulignant ainsi l'importance du devoir de mémoire.
Raymond Harel, président de l'association, a rappelé que la mission fondamentale de l'organisation est de pérenniser les traditions culturelles pieds-noires et de maintenir vivant ce devoir de mémoire, auquel il est profondément attaché. Cette démarche a été saluée par le maire de Vendargues, Guy Lauret, présent pour l'occasion.
Reconnaissance municipale et perspectives futures
En signe de soutien à ces initiatives culturelles et mémorielles, le maire Guy Lauret a décidé de confier le Mémoriel à Raymond Harel, parmi ses nouvelles délégations en tant que conseiller municipal. Cette décision vise à renforcer la préservation du patrimoine pied-noir et à encourager les actions associatives locales.
Cet événement annuel illustre parfaitement comment une simple tradition culinaire peut devenir un vecteur de lien social, de transmission historique et de reconnaissance institutionnelle, tout en honorant la riche diversité culturelle de la région.



