Un hymne pour les sinistrés de la Garonne
« La Garonne est sortie de son lit… » Ces mots ouvrent une chanson poignante partagée sur les réseaux sociaux par les habitants de Couthures-sur-Garonne, ce 18 février. L'auteur, Jordan Penilla, 37 ans, ancien membre des Sauveteurs de Couthures-sur-Garonne de 2017 à 2021, a composé cet hymne en hommage à sa communauté touchée par les crues récentes.
Une création née de l'urgence et de la solidarité
Jordan Penilla explique son geste : « Cette fois, j'ai choisi d'évacuer vers Seyches pour ma fille de 4 ans. Avant de partir, nous avons monté les meubles. Mon studio d'enregistrement est à l'étage. J'ai fait cette chanson pour ceux qui restent, je me tenais au courant de l'avancée de l'eau, ça me peinait profondément. » Il souligne également la solidarité qui s'est manifestée : « Il y avait des liens, certains se sont renforcés ; d'autres se sont créés dans l'adversité. »
Membre du groupe WhatsApp « Les Inondés », qui compte une centaine de participants, il a collecté les vidéos de la crue envoyées par chacun et en a réalisé un film en une heure, malgré l'absence de son matériel habituel. « Avec l'ordinateur et le logiciel, j'ai monté les images rapidement. La maison qu'on voit vers la fin, c'est la mienne », confie-t-il.
L'IA au service de l'émotion
Auteur-compositeur, Jordan Penilla a écrit les paroles lui-même. Pour la musique, il a dû s'adapter : « Je ne suis pas très IA, l'ironie c'est que j'en ai eu besoin ! Je voulais vraiment faire quelque chose pour illustrer ce qu'il se passe, alors j'ai généré la mélodie avec l'intelligence artificielle en deux heures. J'aurais préféré la faire à la voix ou à la guitare, mais les circonstances m'ont poussé à innover. »
Ce morceau, qu'il destine à son village d'irréductibles habitués aux caprices de la Garonne, est sans droit d'auteur et sans titre pour l'instant. Il souhaite que « Les Inondés » choisissent eux-mêmes le nom, et envisage peut-être d'en faire un mini-clip à l'avenir.
Un hommage aux acteurs de la crise
La chanson est dédiée aux sinistrés, aux Sauveteurs, à la mairie, aux pompiers, aux gendarmes, à Enedis et même à la Garonne elle-même. Jordan Penilla partage son ressenti : « Les gens qui ont dû quitter les lieux stressent d'une manière différente de ceux qui restent : on se demande si on n'aurait pas mieux fait de rester, car sur place on peut arranger, surélever, agir. »
Il a pu constater les dégâts en traversant les zones inondées avec des waders, accompagné du maire Michel. « J'attends la baisse des eaux pour aller nettoyer : une partie a déjà séché, ce sera plus difficile à enlever », ajoute-t-il, montrant ainsi son engagement continu envers sa communauté.



