Un hommage huit ans après le drame
Un rassemblement est prévu ce mardi 28 avril à 10 h 15 à la sortie sud de Villeneuve-sur-Lot, à l’initiative de la CGT construction. Ce syndicat, soutien de la première heure de Sylvie Lassort, la mère de Guillaume Garrido, rendra hommage au jeune intérimaire décédé le 17 août 2018 sur le chantier du barreau sud de la RN 21. Ce jour-là, Guillaume, employé par Eurovia, a été enseveli sous 16 tonnes de gravats. Il avait 35 ans et laissait une fillette de 3 ans.
« J’ai l’impression qu’il est parti dans l’indifférence la plus totale », confie Sylvie Lassort, toujours en colère. « Ça me met dans une colère folle. Mais que faire ? Aller voir qui ? » Depuis près de huit ans, elle ne peut compter que sur le soutien de la CGT construction. Le syndicat organise ce rassemblement autour de la stèle érigée en mémoire de Guillaume, près du rond-point qui porte désormais son nom, en contrebas de Pujols.
Une attente judiciaire interminable
Cette action coïncide avec la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail. « Cela permettra de rappeler que l’hécatombe continue, souligne Denis Coutineaud, secrétaire régional de la CGT construction. Mais aussi de s’étonner du traitement judiciaire pour le moins étrange réservé à cet accident du travail. Huit ans après, il n’y a toujours pas de date de procès prévue. C’est un traitement honteux pour les familles qui ne peuvent même pas faire le deuil. »
Sylvie Lassort préfère parler d’« homicide involontaire en raison de manquements et de fautes graves ». Les expertises se multiplient sans avancée. « On ne nous tient pas au courant. On nous a rendu le corps de Guillaume et on n’en parle plus. C’est terrible d’être laissés comme ça, sans savoir, et difficile d’admettre que personne ne soit inquiété outre mesure. On reste avec le chagrin et le vide. »
Un appel à la dignité
Le syndicat souhaite apporter « un peu de dignité et d’humanité » dans ce dossier où « tout le monde se renvoie la balle ». Il veut aussi sensibiliser : « Tant qu’il n’y a pas de responsables désignés dans les accidents du travail, on ne fera pas baisser leur nombre. Tous les corps de métiers sont touchés. Le traitement judiciaire et le gouvernement ne sont pas à la hauteur. »
« Huit ans pour un parent, des sœurs, sa petite fille qui va avoir 11 ans, c’est long », souffle Sylvie Lassort. Bientôt à la retraite, elle promet de reprendre son combat au sein du collectif Stop à la mort au travail. « Quand on fait, au moins, on a l’impression de ne pas oublier. »



