Pour Olivia, ça aurait pu très mal finir. Trois semaines sans dormir, 7 kilos perdus en dix jours, un tunnel d'angoisse, à se croire possédée. La jeune femme de 35 ans a fini en hôpital psychiatrique, amenée en urgence par sa mère effarée. Diagnostic : grave dépression. Et l'artillerie lourde, avec cure de sommeil et médicaments. C'était à l'été 2024. Aujourd'hui, Olivia va mieux. Cette brune posée, aux mots précis, a cessé d'attendre le retour de Cédric, son coup de cœur post-Covid, rencontré au début de l'année 2021. Cet « amant-ami-frère », qu'elle décrit comme un « clone » d'elle-même, avec qui c'était si compliqué et par qui tout est arrivé… « Il partait, il revenait, il disait que j'étais incroyable, mais ne restait pas avec moi. Je ne comprenais pas cette dynamique, pourquoi ça n'allait pas », raconte la trentenaire.
Un concept new age aux promesses karmiques
Bouleversée, fragilisée, elle tombe alors sur un article en ligne à propos des « flammes jumelles » : « Il décrivait à la virgule près ce que je ressentais. » Une connexion, une intensité… Et si c'était ça, cet amour impossible venu la consumer ? Pour Olivia, tout s'illumine : Cédric et elle sont forcément des flammes jumelles. Ce concept new age, venu des États-Unis, a débarqué en France dans les années 2010, suscitant toute une littérature disponible en ligne et, surtout, tout un business. Le principe : nous aurions tous des vies antérieures, et notre âme se réincarnerait depuis la nuit des temps. Parfois, une âme se retrouve scindée en deux, créant ainsi deux flammes jumelles destinées à se rencontrer pour une union sacrée. Des coachs promettent à des cœurs brisés de retrouver leur amour perdu, moyennant des sommes parfois très élevées.
Un business lucratif dans le viseur des autorités
Ce phénomène a fait l'objet de nombreux signalements, et la mission de lutte contre les sectes (Miviludes) s'y intéresse de près. Les dérives sont multiples : emprise psychologique, pressions financières, isolement des victimes. Olivia a fini par comprendre qu'elle avait été manipulée. « Elle m'a dit que je vivais une relation sacrée », se souvient-elle, évoquant une coach rencontrée en ligne. Aujourd'hui, elle témoigne pour avertir d'autres personnes vulnérables. La Miviludes recommande la plus grande prudence face à ces offres de coaching, qui exploitent la détresse affective pour générer des profits importants.



