Le collectif 'Sauvons le quartier du Pin' lutte contre le déclin urbain à Agen
Collectif citoyen contre le déclin du quartier du Pin à Agen

Un collectif citoyen se mobilise pour redynamiser le quartier du Pin à Agen

Las de constater un déclin persistant, plusieurs habitants du quartier du Pin à Agen ont fondé le collectif « Sauvons le quartier du Pin ». Cette initiative, présentée comme apolitique, vise à redonner des couleurs festives et chaleureuses à un secteur qu'ils estiment en perte de vitesse sur les plans démographique et sécuritaire. Sous l'impulsion de Magalie Pellicier, une résidente dynamique, le collectif a vu le jour juste avant les élections municipales et compte déjà près de 40 adhérents.

Un quartier autrefois vivant, aujourd'hui en décrépitude

Magalie Pellicier explique : « Nous nous sommes installés ici, avec nos enfants, pour bénéficier des infrastructures de la ville, de la proximité avec les écoles, la gare et les lycées. Cela a toujours été un quartier très populaire et plein de vie. Lorsque j'étais jeune, nous venions nous habiller ici avec mes amies. Il y avait plein de magasins… ». Aujourd'hui, la partie du boulevard de la République, entre la place Castex et celle du Pin, est en déclin. Les boutiques se font rares, et de nombreuses familles ont quitté les lieux.

« Nous avons perdu du flux. Les gens s'arrêtent à la place Castex lorsqu'ils sont sur la partie piétonne. Ils ne poussent pas plus loin. Et cette partie du boulevard à sens unique, sans aucune place de stationnement - hormis quelques arrêts minutes - a fait fuir les clients », déplore Magalie Pellicier. Elle note également un changement marqué post-Covid, avec une réhabilitation jugée très moyenne des immeubles ces dernières années.

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Insécurité et morcellement des logements : des défis majeurs

L'insécurité est un autre point de préoccupation pour les riverains. Magalie Pellicier témoigne : « Mes enfants ont peur de façon régulière. Moi, j'ai décidé de ne pas être résignée, et de ne plus tolérer les incivilités. On l'a trop fait ». Elle a obtenu un rendez-vous avec l'ancien maire Jean Dionis, ce qui a conduit à quelques mesures comme l'enlèvement de cendriers et de mobilier urbain, ou l'interdiction de vente d'alcool après 21 heures dans une épicerie de nuit. Cependant, elle insiste sur la nécessité d'une solution globale plutôt que d'actions isolées.

Le morcellement des logements en petits studios par des promoteurs, visant à multiplier les loyers, est également critiqué. « Ils ont obtenu trop d'autorisations pour des logements individuels. Cela a fait fuir les familles qui, elles, consomment en centre-ville », souligne Magalie Pellicier. Ce phénomène contribue à la paupérisation du quartier.

Engagement municipal et perspectives d'avenir

La nouvelle municipalité, menée par l'équipe de Vivement Agen, a placé la refonte de la place du Pin et de son quartier parmi ses priorités. Paul Vo Van, nouvel adjoint en charge de l'urbanisme, explique : « Notre intention est claire : refaire de la place du Pin un pôle de vie. C'était sa vocation historique ». Le plan « Ville et vivant » prévoit la création d'une nouvelle halle du marché, digne d'une ville moyenne, et une révision du schéma de circulation.

Paul Vo Van met en avant le Permis de diviser, une mesure visant à éviter la division systématique de grands logements en petits studios. Magalie Pellicier reste attentive à ces propositions : « Je trouve le permis de diviser très séduisant sur le papier. Nous attendons de voir ». En parallèle, le collectif organise des groupes de travail sur différentes thématiques pour impulser le changement, avec une prochaine réunion prévue le 7 avril.

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