Béziers : le refuge Les Chats Libres contraint à la fermeture, un appel à l'aide désespéré
Un an après la décision du tribunal de Béziers, l'association Les Chats Libres de Béziers est acculée. Elle doit fermer les portes de son refuge le 18 mars prochain et remettre en état le terrain de 3 000 m² où il est implanté, à Villeneuve-lès-Béziers, non loin du canal du Midi. À moins de deux semaines de l'échéance, le chantier est monumental et la structure n'a toujours pas de solution de repli, plongeant bénévoles et animaux dans la détresse.
Une course contre la montre dans la boue et la consternation
Sur place, la boue persiste, séquelle des récentes inondations qui ont frappé le Biterrois. Des dizaines de caisses de transport s'empilent, tandis que des sachets de croquettes et des gamelles rappellent la présence des félins. Nathalie Chartrain, présidente de l'association, et trois bénévoles tentent de progresser difficilement dans ce chaos. Le tribunal a jugé que les constructions en bois accueillant les chatteries étaient contraires au Plan local d'urbanisme et situées en zone inondable, sur une propriété détenue par Nathalie Chartrain. Sous peine d'une astreinte de 50 € par jour de retard, l'ordre est formel : tout doit être démonté et le terrain mis à nu.
"Cela fait un mois qu'on a commencé, c'est une course contre la montre. On a demandé un délai à cause des inondations mais on nous l'a refusé, souffle Nathalie Chartrain. On lance un appel aux volontaires pour nous aider à tout débarrasser, sachant qu'il nous faudrait une dizaine de personnes par jour… Où sont les gens que j'ai aidés pendant 20 ans ?"
150 chats en attente de solutions précaires
Depuis deux semaines, l'association refuse tous les nouveaux chats. Au moins 150 félins sont encore présents sur le site. Une dernière journée d'adoption est organisée ce samedi 7 mars pour en placer un maximum et vendre du matériel afin de soutenir la structure. "Les chats restants, des familles d'accueil vont en prendre, une ou deux SPA doivent aussi en accueillir, informe Nathalie Chartrain. Certains chats seront remis dans la nature et d'autres sur des sites de nourrissage à Béziers. Ils viennent de la rue, ils vont repartir dans la rue, je n'ai pas le choix."
Épuisée et dégoûtée, la présidente jette l'éponge après des années dédiées à la cause animale. "L'association ne va pas fermer mais, moi, je ne veux plus en entendre parler, déclare-t-elle. Ça fait des années que j'œuvre gracieusement pour la salubrité publique et on nous fout dehors. On me parle de maltraitance, mais, ici, les chats n'ont jamais manqué de rien." Elle précise que l'association dépensait annuellement 160 000 € en frais vétérinaires, 30 000 € en croquettes et 10 000 € en litière, financés en très grande majorité par les dons.
Des propositions de repli jugées insatisfaisantes
Malgré plusieurs propositions de l'Agglomération de Béziers Méditerranée, Les Chats Libres n'ont nulle part où aller. Nathalie Chartrain déplore des promesses non tenues, comme un terrain près de Zinga Zanga, jugé trop stressant pour les animaux et les bénévoles. Récemment, l'Agglo a proposé un terrain à Sauvian avec un bail emphytéotique, mais la présidente a refusé : "Ça voudrait dire qu'on paye tout l'aménagement, qui coûterait 150 000 €, et en plus on n'est pas propriétaire du terrain que l'on loue ? Ça prouve juste qu'il n'y a aucune volonté politique pour aider les animaux."
De son côté, Robert Ménard, président de l'Agglo Béziers Méditerranée, rappelle les efforts consentis : "Nous avons proposé quelque chose qu'a refusé la présidente. Récemment, nous avons aussi proposé un terrain sur la commune de Sauvian." Il explique que l'Agglo propose de grillager le terrain et qu'un architecte a accepté gracieusement de chiffrer et dessiner le projet, mais ne peut prendre en charge l'eau ou l'électricité. "Je ne peux pas faire plus que ça. On va trouver de l'argent, on va faire des appels aux dons, il y a plein de gens qui aiment les chats, soyons un peu confiants", ajoute-t-il.
En attendant, l'Agglo a mis à disposition une benne pour évacuer le bois du refuge et une autre pour le plastique, tandis que la fourrière pourrait recueillir plusieurs félins. La situation reste critique, avec un avenir incertain pour les animaux et une association en plein désarroi.



