Assistants familiaux en colère à Nîmes : « La passion ne suffit plus »
Assistants familiaux en colère à Nîmes : « La passion ne suffit plus »

Assistants familiaux en colère à Nîmes : « La passion ne suffit plus »

Une cinquantaine d'assistants familiaux et d'agents du secteur social se sont rassemblés ce vendredi 13 mars devant l'Hôtel du département du Gard à Nîmes. À l'appel de la CGT, ils ont dénoncé avec force la dégradation persistante de leurs conditions de travail et exigé une reconnaissance accrue pour leur métier essentiel mais trop souvent invisible.

Une mise en scène symbolique pour interpeller les élus

Poussettes alignées avec soin devant l'entrée du bâtiment, poupées installées à l'intérieur : la mise en scène soigneusement orchestrée visait à rappeler aux élus départementaux « qu'ils se doivent d'être à la hauteur des vies qui leur sont confiées », comme l'a affirmé l'ensemble des manifestants présents. Cette action symbolique cherchait à rendre visible les difficultés quotidiennes rencontrées par ces professionnels dévoués.

Des revendications concrètes et une pétition qui fait le tour

« L'été dernier, nous avons fait circuler une pétition de douze points précis, car nos conditions de travail se dégradent depuis des mois », explique Angélique Zaragoza, assistante familiale engagée dans le mouvement. Au 13 mars, cette pétition exigeante avait déjà recueilli près de 750 signatures, témoignant d'un mécontentement profond et partagé.

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Les principales revendications portent sur :

  • La prise en charge intégrale des frais liés aux enfants confiés
  • L'instauration d'un forfait kilométrique en zone urbaine
  • L'accès garanti à la cantine pour les enfants placés
  • La revalorisation significative de l'indemnité vacances, actuellement fixée à seulement 7,62 euros par jour et par enfant

« Tous les déplacements que je fais pour les rendez-vous médicaux ou les visites médiatisées ne sont pas remboursés », déplore amèrement Leila Garnier, assistante familiale et représentante syndicale CGT, illustrant ainsi le manque de soutien financier.

Un métier exigeant 24 heures sur 24

Les assistants familiaux rappellent avec insistance qu'ils accueillent à leur domicile des enfants placés par décision judiciaire, assumant cette responsabilité « 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ». « C'est un métier de passion, mais aujourd'hui la passion ne suffit plus », regrette profondément Angélique Zaragoza, soulignant l'écart entre l'engagement personnel et la reconnaissance institutionnelle.

Inquiétudes face aux suppressions de dispositifs essentiels

Une autre inquiétude majeure plane sur la possible suppression du Réseau Ado, un dispositif spécialisé et précieux pour l'accompagnement des adolescents présentant des troubles lourds. « Sans moyens supplémentaires, cela risque de mettre les assistants familiaux encore plus en difficulté », estime avec gravité Sébastien Duluc, professionnel expérimenté qui y travaille depuis trois ans.

Mobilisation dans le cadre d'un préavis de grève

Cette action s'inscrit dans un préavis de grève déposé par la CGT, couvrant la période du 12 au 20 mars. Le syndicat dénonce également avec fermeté la suppression récente des aides financières « extra-légales » destinées aux personnes les plus démunies, une mesure qui affecte directement les publics accompagnés.

Des réponses départementales attendues

Suite à ce rassemblement déterminé, Françoise Laurent-Perrigot « recevra les organisations syndicales représentatives dès la semaine prochaine », indique le communiqué officiel du Conseil départemental. Ce dernier réaffirme « son attachement constant au dialogue social et à la qualité des relations entretenues avec l'ensemble des organisations syndicales représentatives ».

En attendant ces discussions cruciales, les assistants familiaux promettent de rester mobilisés et vigilants, déterminés à faire entendre leur voix jusqu'à l'obtention de réponses concrètes et satisfaisantes à leurs légitimes revendications.

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