Un appel aux archives pour honorer les femmes résistantes déportées du Lot-et-Garonne
Les Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation (AFMD) 47 intensifient leurs efforts pour redonner une voix aux victimes oubliées de la Seconde Guerre mondiale. À travers leur mémorial virtuel, ils recherchent activement des photos, des documents personnels et des informations sur les femmes résistantes lot-et-garonnaises déportées, telles qu'Alida Castaing, Simone Delmas, Marie-Louise Chrétien, Marguerite Filhol et Marie-Jeanne Garnier. Sur les 38 noms recensés, seules deux disposent actuellement de notes biographiques complètes, basées sur des archives historiques et des témoignages familiaux.
Un travail colossal de mémoire mené par des bénévoles dévoués
Françoise Teyssier, trésorière de l'association et responsable du projet départemental, consacre son temps à ce travail de mémoire, qualifié de colossal. Depuis son bureau rempli de classeurs d'archives ou devant son ordinateur, elle agit en militante de la mémoire, avec pour mission de ne pas laisser s'effacer l'histoire de ces femmes. Le mémorial virtuel liste déjà 1 058 noms de déportés nés, domiciliés ou arrêtés en Lot-et-Garonne, fruit de recherches croisées avec la Fondation pour la mémoire de la déportation, la Croix-Rouge et les Archives départementales.
Françoise Teyssier explique : Une grande partie des fiches des 127 femmes déportées, parce que juives dans le cadre du génocide, ont été documentées. Cette année, nous aimerions inclure les biographies des femmes arrêtées pour répression politique. Pour avancer, l'AFMD 47 organise une assemblée annuelle ouverte au public le samedi 7 mars, visant à présenter ses travaux et collecter des témoignages écrits, des photos et toute information pertinente.
Le rôle multiforme des femmes dans la Résistance et les défis de l'identification
Les femmes ont joué des rôles variés durant la Résistance, allant de la dissimulation de personnes à la distribution de tracts, en passant par des tâches logistiques comme la préparation de repas. Marie-Jeanne Garnier, par exemple, arrêtée à Marmande en 1942 après avoir distribué des tracts, illustre cet engagement. Françoise Teyssier a recueilli des écrits de son retour en 1945, des photos et des souvenirs de sa fille, soulignant l'importance de ces documents pour reconstituer des parcours de vie.
Cependant, identifier ces femmes résistantes déportées reste un défi, surtout lorsqu'elles sont décédées en déportation sans laisser de traces. Françoise Teyssier insiste : Dans un premier temps, il est essentiel d'identifier ces femmes, ce qui peut être difficile sans informations. Elle ajoute que ce travail nécessite un croisement rigoureux des sources, mêlant approches scientifiques et historiques, pour éviter toute approximation, surtout face à la montée du négationnisme.
Transmission aux jeunes générations et perspectives futures
L'AFMD 47 mise sur la jeunesse pour perpétuer cette mémoire. Avec son mari Alain, fils de déporté, Françoise Teyssier intervient dans les écoles, où un blog participatif avec une carte interactive sur les déportés du département a été créé. Les élèves collectent des informations et partagent leurs découvertes, contribuant ainsi à un travail collectif. Le blog recense déjà 23 communes liées à ces femmes déportées.
À l'horizon 2028, l'ouverture du Mémorial national des femmes en résistance et en déportation au fort de Romainville, aux Lilas, marquera une étape cruciale. Ce lieu a interné 19 des 38 femmes lot-et-garonnaises du mémorial virtuel. Françoise Teyssier conclut : Une mémoire essentielle si l'on veut comprendre l'actualité. Cette initiative souligne l'importance de préserver et transmettre ces récits, avant que les derniers témoins ne disparaissent.



