Un nouveau bureau pour l'Adavem au tribunal de Dax
L'association d'aide aux victimes, Adavem, dispose désormais d'un bureau permanent au sein du tribunal judiciaire de Dax. Cette installation marque une étape significative pour améliorer l'accompagnement des victimes, depuis le dépôt de plainte jusqu'à l'audience et au-delà. Les personnes concernées peuvent désormais pousser la porte du tribunal pour obtenir un rendez-vous avec l'une des deux juristes de l'association et bénéficier d'un soutien dans des procédures judiciaires souvent complexes.
Une convention saluée par les autorités judiciaires
La vice-présidente du tribunal, Élodie Darribère, exprime sa satisfaction quant à la signature de cette convention : « L'association est un partenaire précieux de la juridiction. L'activité pénale étant ce qu'elle est, nous avons besoin de soutenir les victimes, notamment dans les procédures d'urgence, et particulièrement dans les dossiers de violences intrafamiliales. Ces nouveaux locaux nous permettent enfin de les accueillir dans de meilleures conditions et d'installer l'association dans nos murs. »
Benoît Fontaine, le procureur de Dax, souligne la complémentarité de l'Adavem avec l'activité du tribunal : « L'idée, c'est de faciliter l'accessibilité. Nous avions une convention précaire depuis 2020, avec un partage de bureau, mais ce n'était pas idéal, notamment pour la confidentialité. Grâce à l'extension de nos locaux, nous avons pu libérer cet espace, et gagner en efficacité, et en bonne complémentarité. Nous avons désormais un bureau dédié sept jours sur sept. »
Un accompagnement complet et personnalisé
Anne Decung, directrice de l'Adavem 40, insiste sur l'accompagnement des victimes, du début jusqu'à l'exécution du jugement. Elle précise : « Il y a plusieurs étapes, et il faut qu'on puisse être présent, selon les besoins de chacun. On a différents outils et le but, c'est que chaque victime landaise, en lien avec la juridiction et l'ordre des avocats, soit accompagnée dans le cadre d'un parcours coordonné. »
Cet accompagnement couvre divers aspects :
- Reconstruction psychique et sociale
- Soutien juridique
- Suivi de procédures longues
L'association mobilise une équipe pluridisciplinaire comprenant :
- Des juristes
- Des travailleurs sociaux
- Des psychologues
- Un chien d'assistance judiciaire, Uxi, pour les enfants victimes et les personnes en situation de handicap
Des chiffres qui témoignent des besoins
En 2025, l'Adavem a accompagné 5 040 victimes, dont plus de 2 600 personnes sur le ressort de Dax. Parmi elles, 1 700 femmes victimes sont sur-représentées. Plus de 20 000 entretiens ont été réalisés. Anne Decung reconnaît que « le chantier est encore vaste. Sur le volet aide aux victimes, nous avons deux juristes, deux intervenantes sociales et même pas un temps plein psychologue. »
Un processus étape par étape
Lou Clément, juriste de l'association, et Jade Daniele, coordinatrice du service, décrivent leur approche : « On fait le point, étape par étape, à partir du dépôt de plainte, de l'enquête puis de la décision du procureur, en fonction de l'opportunité des poursuites. On leur montre les salles d'audience, on leur explique comment ça va se passer, ça peut être très impressionnant pour une victime. »
Jade Daniele énumère les partenaires de l'association : « C'est aussi notre rôle de faire le lien, avec le Centre d'information du droit des femmes et des familles, la Maison du lendemain, les avocats, les travailleurs sociaux, etc. On a aussi la gestion du téléphone grave danger, du bracelet anti-rapprochement… » Les rendez-vous sont gratuits et confidentiels, garantissant un espace sécurisé pour les victimes.



